mardi 1 avril 2025

Condamnation de Marine Le Pen - "Dura lex, sed lex"


Condamnation de Marine Le Pen : "dura lex, sed lex"


Le retour de l'ordre, le strict respect de la règle, la ferme application des lois. Ils fustigent à longueur d'année le laxisme de la justice. Ils demandent des peines planchers, des comparutions immédiates. Elle demandait même, jadis, des inéligibilités à vie. Puis, soudain, dès que les sanctions les concernent, eux, ils tentent d'inverser la totalité du discours. Soudain, une décision de justice ne devrait plus être appliquée. Soudain, la justice elle-même ne serait plus légitime. Bref, le retour de l'ordre, le strict respect de la règle, la ferme application des lois, oui, mais uniquement pour les autres.

On vous dira tout et n'importe quoi sur la condamnation de Marine Le Pen. La réalité est pourtant simple : nul n'est au-dessus des lois.

Oui, le 4 août 1789 l'Assemblée nationale constituante a voté l'abolition des privilèges. Il n'y a plus, en France, de régime d'exception. La loi s'applique pour toutes et tous.

Oui, la condamnation de Marine Le Pen est un signe de bonne santé pour notre démocratie et pour le respect de l'Etat de droit.

Oui, Marine Le Pen a été déclarée coupable et condamnée à 4 ans de prison dont 2 fermes et à 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire.

Oui, Marine Le Pen a la possibilité de faire appel. Oui, l'exécution provisoire empêche le risque de récidive, à savoir de recommencer à frauder et de détourner à nouveau des fonds publics.

Oui, la lutte contre la corruption, la moralisation de la vie publique et la restauration de la confiance des citoyennes et des citoyens dans la politique sont des enjeux essentiels pour notre vie démocratique.

Signe des temps, c'est la nouvelle internationale fasciste qui vole au secours de Marine Le Pen et lui apporte son soutien.

Signe des temps, alors que l'on critique l'Etat de droit et la stricte application des lois, l'Etat se tait : le président garde le silence, le premier ministre se dit troublé et le ministre de la justice avait par avance donné raison à celles et ceux qui sapent l'autorité de la justice.

Rappelons le encore et toujours : "Dura lex, sed lex", la loi est dure, mais c'est la loi.


Nice, le 2 avril 2025

David Nakache

Président de l'association Tous citoyens !
Membre du rassemblement citoyen Viva !

jeudi 27 mars 2025

Non à l’instrumentalisation xénophobe de la situation des jeunes exilés dans les Alpes-Maritimes !

 

Communiqué de presse de l’association Tous citoyens :

Non à l’instrumentalisation xénophobe

de la situation des jeunes exilés dans les Alpes-Maritimes !


Des heurts ont eu lieu, mardi 25 mars 2025, au foyer pour Mineurs Non Accompagnés de Chateauneuf-de-Grasse, géré par l’association Entraide Pierre Valdo, conventionnée avec le Département 06. Plusieurs jeunes ont dégradé du mobilier et des véhicules, s’en sont pris aux gendarmes qui sont intervenus sur place et sont convoqués au tribunal. Le maire de la ville, Emmanuel Delmotte, a pris un arrêté municipal de fermeture administrative du centre.

Le député RN de la circonscription, Lionel Tivoli, a publié une vidéo dans laquelle il cumule les fausses informations et instrumentalise la situation de ces jeunes exilés à des fins politiciennes et xénophobes. Il y parle à plusieurs reprises de « jeunes clandestins » alors qu’il s’agit de jeunes placés par le Département 06 de façon tout à fait légale. Certains jeunes sont mis à l’abri le temps de leur évaluation de minorité. D’autres, la plus grande partie, sont reconnus mineurs et placés jusqu’à leurs 18 ans. Lionel Tivoli prétend ensuite dénoncer des migrants qui n’ont pas le droit d’asile alors qu’il s’agit en réalité de mineurs qui relèvent de la protection de l’enfance et non de la convention de Genève. Enfin, il parle de la « lâcheté » et « l’aveuglement » des éducatrices du centre alors que ce sont des professionnelles qui font face, malgré le manque de moyens, à des situations difficiles avec pédagogie et sens des responsabilités.

Les Mineurs Non Accompagnées (MNA) sont des jeunes exilés en souffrance, qui, ont subi des violences ou des maltraitances, le déracinement, les affres de la migration, et qui sont ici ballotés de foyer en foyer. Ils ont droit à la protection de l’enfance et à un accueil digne et adapté.

Nous dénonçons depuis de longues années le manque de moyens humains et financiers attribués par le Département 06 à la prise en charge des MNA. 

Qu’il s’agisse de jeunes étrangers ou de jeunes français, des foyers accueillant 60 à 70 jeunes avec en moyenne 3, 4 ou 5 éducateurs sur site présentent tous les risques de débordements. Un éducateur ne peut effectuer un accompagnement personnalisé et efficace quand il est en charge, à lui seul, de 10 à 15 adolescents.

Nous demandons au Département 06 d’ouvrir des structures d’accueil pour jeunes exilés pérennes et de petites tailles, avec un nombre suffisant d’éducateurs spécialisés diplômés. C’est par un accueil digne et efficient que l’on évite les dysfonctionnements, les débordements et les violences.


Nice, le 27 mars 2025

Association Tous citoyens !

dimanche 23 mars 2025

"Dans la rue pour lutter contre le racisme et l'extrême droite"

Article Nice Matin sur la très belle mobilisation contre le racisme et le fascisme à Nice, en précisant que Tous citoyens n'a bien sûr pas prétendu organiser la marche qui a été orchestrée de main de maître par la CGT 06 !



Les enfants et les morts - Que fait la politique migratoire européenne aux liens, aux familles et aux corps ?

Bonjour,

L'association Tous citoyens a le plaisir de vous inviter, dans le cadre du Printemps des Migrations, à une :

Lecture à deux voix de textes de Marie Cosnay

par Sabine Venaruzzo et Paul Laurent

Lundi 7 avril à 19h30 au 109 

89 route de Turin à Nice

Suivie d'un échange avec la salle

 


"Abdoulaye Koulibaly avait quitté son jeune frère et son père pour tenter l'aventure en Europe. Il revenait au pays, invisible, dans un cercueil scellé, il avait bien failli ne pas revenir du tout.

Un an, vivre dans une tension énorme chaque étape du processus du retour de Fatou.

Fatou devait retrouver sa famille, celle qu'elle connaissait et celle qu'elle ne connaissait pas encore (son père, son jeune frère, sa jeune soeur).

Les enfants et les morts, le lien était fait.

Les morts sont des gens formidables : ils nous donnent à comprendre, mieux que personne, ce qu'est un étranger, un pays, une terre, un amour, un corps, un père, des frères, le lien, la foi...

Il est question d'enfants, toujours. Quoiqu'on fasse. Qu'ils soient vivants et traumatisé, qu'ils soient perdus, cachés pour toujours, disparus à l'intérieur du gouffre des eaux et du traumatisme."

Ce texte, extrait de l'épilogue qui clôt les quelques 750 pages réparties dans les trois volumes de "DES ÎLES" de Marie Cosnay (Le tripode) a été pour Sabine Venaruzzo et Paul Laurent le fil directeur pour construire cette lecture autour d'une "histoire orale de l'exil vers l'Europe".

Lors de sa première présentation en novembre 2024 au Tiers lieu "La Trésorerie" à Nice, le public avait unanimement salué la rigueur et la puissance de cette représentation, et en particulier l'autrice elle-même, Marie Cosnay, qui avait l'impression d'entendre ses propres mots comme elle ne savait pas les avoir écrits.

Marie Cosnay est traductrice de textes antiques, écrivaine et activiste pour l’accueil des migrants. Elle a publié des traductions du latin (Métamorphoses d’Ovide, 2017, Prix Nelly Sachs et Prix Bernard Hœpffner), des romans qui toujours s’empoignent avec des fragments de notre histoire contemporaine (If, 2020, Comètes et Perdrix, 2021), et elle vient de boucler un triptyque intitulé Des Îles, (Lesbos 2020 - Canaries 2021 ; Îles des faisans, 2021- 2022 ; Mer d’Alboran, 2023) dans lequel elle parcourt les routes des migrations clandestines, documente les horreurs que la barrière FRONTEX dresse devant ceux et celles poussé.e.s en avant par un espoir désespéré. Elle cherche, en tenant haut les enjeux de l’écriture, à faire trace de tous ces disparus sans sépulture sinon le plus souvent, l’abîme.

vendredi 21 mars 2025

"De nombreuses villes du département lourdement sanctionnées pour le manque de logements sociaux"

Article Nice Presse du 21.03.2025 :

L'association Tous citoyens "a également partagé son point de vue. Rappelant qu'à Nice, "une personne sur cinq vit sous le seuil de pauvreté", elle estime que la loi SRU est "indispensable pour faire appliquer ce droit fondamental qu’est celui du logement."
L'ONG observe une "situation plus qu’alarmante" sur la Côte d'Azur. Si elle note que "certains maires font des efforts louables", elle s'en prend à ceux qui "ne parlent dans les médias que du respect de l’ordre et des règles de vie en société, qui prônent une application ferme des lois, et s’en affranchissent soudain lorsqu’il s’agit de leur commune et préfèrent payer des pénalités plutôt que de loger les personnes en difficulté."
Mandelieu-La-Napoule est particulièrement pointée du doigt pour avoir "trois à quatre fois plus de résidences secondaires que de logements sociaux". Pour Tous citoyens !, cela démontrerait que le foncier existe pour se conformer aux demandes de l'État."

mercredi 19 mars 2025

Logement social : ces communes qui enfreignent la loi

 


Communiqué de presse de l’association Tous citoyens !

Logement social : ces communes qui enfreignent la loi 


Derrière la carte postale de la Côte d’Azur se cache une grande misère sociale. A Nice, une personne sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. Principale dépense dans le budget des ménages : le logement. En l’absence d’encadrement des loyers, les montants des loyers explosent et de plus en plus de personnes subissent des situations de mal logement. Une grande part du parc immobilier est capté par des locations de tourisme du type Air Bnb, des logements vacants ou des résidences secondaires. Des familles en attente de logements sociaux basculent dans la précarité, subissent la loi des marchands de sommeil, s’abritent dans des squats ou tentent de survivre à la rue.

Le préfet des Alpes-Maritimes a publié la liste des pénalités infligées aux communes des Alpes-Maritimes qui ne respectent pas l’obligation légale de production de logements sociaux (article 55 de la loi SRU). La situation est plus qu’alarmante : 33 communes du département doivent payer des pénalités ! A ce triste podium trône la Ville de Nice, avec 8,2 M€ de pénalités, suivie de Mandelieu-la-Napoule et de Vallauris avec 2 M€ chacune, puis du Cannet avec 1,7 M€ et de Menton avec 1,6 M€ (voir liste détaillée à la suite de communiqué).

Si certains maires font des efforts louables, produisent des logements sociaux et sortent progressivement leur commune des villes carencées, d’autres maires récidivent. Ceux qui, bien souvent, ne parlent dans les médias que du respect de l’ordre et des règles de vie en société, qui prônent une application ferme des lois, s’en affranchissent soudain lorsqu’il s’agit de leur commune et préfèrent payer des pénalités plutôt que de loger les personnes en difficultés.

Alors que beaucoup avancent l’argument de l’absence de foncier disponible pour construire des logements sociaux, force est de constater que le foncier a été trouvé lorsqu’il s’agissait de résidences secondaires : certaines communes, comme Mandelieu-La-Napoule, ont 3 à 4 fois plus de résidences secondaires que de logements sociaux !

L’association Tous citoyens rappelle que la loi SRU est une loi indispensable pour faire appliquer ce droit fondamental qu’est le droit au logement. Il y a urgence à stopper la spéculation financière sur la Côte d’Azur, à lutter autant contre les locations de tourisme que contre les résidences secondaires et les logements vacants, et à faire appliquer l’obligation légale de production de logements sociaux.


Nice, le 19 mars 2025

Association Tous citoyens !


PS : liste des communes en infraction avec la loi SRU et devant payer des pénalités, arrêtés préfectoraux publiés au recueil spécial 53.2025, édition du 28.02.2025 :

Tableau pénalités SRU 2025 - Alpes-Maritimes

Communes

L302-7

L302-9-1

Total

Antibes

590 727,14 

0,00 

590 727,14 

Beaulieu-sur-Mer

148 785,84 

466 557,89 

615 343,73 

Beausoleil

213 208,16 

213 208,16 

426 416,32 

Biot

220 064,18 

165 048,14 

385 112,32 

Cagnes sur Mer

717 647,21 

0,00 

717 647,21 

Carros

75 841,38 

0,00 

75 841,38 

Chateauneuf de Grasse

98 727,60 

0,00 

98 727,60 

Drap

25 902,72 

0,00 

25 902,72 

Gattières

115 533,76 

89 171,79 

204 705,55 

Grasse

721 852,24 

648 439,87 

1 370 292,11 

La Colle sur Loup

219 658,44 

219 658,44 

439 316,88 

La Gaude

72 655,94 

106 676,27 

179 332,21 

La Roquete sur Siagne

106 428,84 

0,00 

106 428,84 

La Trinité

35 836,34 

0,00 

35 836,34 

Le Cannet

565 794,00 

1 189 794,00 

1 755 588,00 

Le Rouret

104 601,70 

65 878,68 

170 480,38 

Mandelieu-La-Napoule

1 040 013,90 

1 040 013,90 

2 080 027,80 

Menton

801 220,56 

801 220,56 

1 602 441,12 

Mouans Sartoux

7 344,39 

188 828,54 

196 172,93 

Mougins

30 290,08 

0,00 

30 290,08 

Nice

2 175 393,83 

6 060 394,79 

8 235 788,62 

Pegomas

171 642,24 

266 816,17 

438 458,41 

Peymeinade

38 547,00 

0,00 

38 547,00 

Roquebrune Cap Martin

438 546,06 

558 546,06 

997 092,12 

Roquefort les Pins

180 380,08 

180 380,08 

360 760,16 

Saint Jeannet

115 663,33 

60 925,44 

176 588,77 

Saint Laurent du Var

440 735,56 

0,00 

440 735,56 

Saint Vallier de Thiey

348,00 

75 348,00 

75 696,00 

Tourette Levens

120 900,42 

124 530,86 

245 431,28 

Tourrettes sur Loup

162 848,25 

77 543,67 

240 391,92 

Vallauris

766 919,71 

1 267 126,11 

2 034 045,82 

Vence

501 527,12 

473 166,58 

974 693,70 

Villefranche sur mer

203 735,10 

203 735,10 

407 470,20 

Villeneuve Loubet

437 201,52 

0,00 

437 201,52