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jeudi 27 mars 2025

Non à l’instrumentalisation xénophobe de la situation des jeunes exilés dans les Alpes-Maritimes !

 

Communiqué de presse de l’association Tous citoyens :

Non à l’instrumentalisation xénophobe

de la situation des jeunes exilés dans les Alpes-Maritimes !


Des heurts ont eu lieu, mardi 25 mars 2025, au foyer pour Mineurs Non Accompagnés de Chateauneuf-de-Grasse, géré par l’association Entraide Pierre Valdo, conventionnée avec le Département 06. Plusieurs jeunes ont dégradé du mobilier et des véhicules, s’en sont pris aux gendarmes qui sont intervenus sur place et sont convoqués au tribunal. Le maire de la ville, Emmanuel Delmotte, a pris un arrêté municipal de fermeture administrative du centre.

Le député RN de la circonscription, Lionel Tivoli, a publié une vidéo dans laquelle il cumule les fausses informations et instrumentalise la situation de ces jeunes exilés à des fins politiciennes et xénophobes. Il y parle à plusieurs reprises de « jeunes clandestins » alors qu’il s’agit de jeunes placés par le Département 06 de façon tout à fait légale. Certains jeunes sont mis à l’abri le temps de leur évaluation de minorité. D’autres, la plus grande partie, sont reconnus mineurs et placés jusqu’à leurs 18 ans. Lionel Tivoli prétend ensuite dénoncer des migrants qui n’ont pas le droit d’asile alors qu’il s’agit en réalité de mineurs qui relèvent de la protection de l’enfance et non de la convention de Genève. Enfin, il parle de la « lâcheté » et « l’aveuglement » des éducatrices du centre alors que ce sont des professionnelles qui font face, malgré le manque de moyens, à des situations difficiles avec pédagogie et sens des responsabilités.

Les Mineurs Non Accompagnées (MNA) sont des jeunes exilés en souffrance, qui, ont subi des violences ou des maltraitances, le déracinement, les affres de la migration, et qui sont ici ballotés de foyer en foyer. Ils ont droit à la protection de l’enfance et à un accueil digne et adapté.

Nous dénonçons depuis de longues années le manque de moyens humains et financiers attribués par le Département 06 à la prise en charge des MNA. 

Qu’il s’agisse de jeunes étrangers ou de jeunes français, des foyers accueillant 60 à 70 jeunes avec en moyenne 3, 4 ou 5 éducateurs sur site présentent tous les risques de débordements. Un éducateur ne peut effectuer un accompagnement personnalisé et efficace quand il est en charge, à lui seul, de 10 à 15 adolescents.

Nous demandons au Département 06 d’ouvrir des structures d’accueil pour jeunes exilés pérennes et de petites tailles, avec un nombre suffisant d’éducateurs spécialisés diplômés. C’est par un accueil digne et efficient que l’on évite les dysfonctionnements, les débordements et les violences.


Nice, le 27 mars 2025

Association Tous citoyens !

mercredi 19 mars 2025

Logement social : ces communes qui enfreignent la loi

 


Communiqué de presse de l’association Tous citoyens !

Logement social : ces communes qui enfreignent la loi 


Derrière la carte postale de la Côte d’Azur se cache une grande misère sociale. A Nice, une personne sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. Principale dépense dans le budget des ménages : le logement. En l’absence d’encadrement des loyers, les montants des loyers explosent et de plus en plus de personnes subissent des situations de mal logement. Une grande part du parc immobilier est capté par des locations de tourisme du type Air Bnb, des logements vacants ou des résidences secondaires. Des familles en attente de logements sociaux basculent dans la précarité, subissent la loi des marchands de sommeil, s’abritent dans des squats ou tentent de survivre à la rue.

Le préfet des Alpes-Maritimes a publié la liste des pénalités infligées aux communes des Alpes-Maritimes qui ne respectent pas l’obligation légale de production de logements sociaux (article 55 de la loi SRU). La situation est plus qu’alarmante : 33 communes du département doivent payer des pénalités ! A ce triste podium trône la Ville de Nice, avec 8,2 M€ de pénalités, suivie de Mandelieu-la-Napoule et de Vallauris avec 2 M€ chacune, puis du Cannet avec 1,7 M€ et de Menton avec 1,6 M€ (voir liste détaillée à la suite de communiqué).

Si certains maires font des efforts louables, produisent des logements sociaux et sortent progressivement leur commune des villes carencées, d’autres maires récidivent. Ceux qui, bien souvent, ne parlent dans les médias que du respect de l’ordre et des règles de vie en société, qui prônent une application ferme des lois, s’en affranchissent soudain lorsqu’il s’agit de leur commune et préfèrent payer des pénalités plutôt que de loger les personnes en difficultés.

Alors que beaucoup avancent l’argument de l’absence de foncier disponible pour construire des logements sociaux, force est de constater que le foncier a été trouvé lorsqu’il s’agissait de résidences secondaires : certaines communes, comme Mandelieu-La-Napoule, ont 3 à 4 fois plus de résidences secondaires que de logements sociaux !

L’association Tous citoyens rappelle que la loi SRU est une loi indispensable pour faire appliquer ce droit fondamental qu’est le droit au logement. Il y a urgence à stopper la spéculation financière sur la Côte d’Azur, à lutter autant contre les locations de tourisme que contre les résidences secondaires et les logements vacants, et à faire appliquer l’obligation légale de production de logements sociaux.


Nice, le 19 mars 2025

Association Tous citoyens !


PS : liste des communes en infraction avec la loi SRU et devant payer des pénalités, arrêtés préfectoraux publiés au recueil spécial 53.2025, édition du 28.02.2025 :

Tableau pénalités SRU 2025 - Alpes-Maritimes

Communes

L302-7

L302-9-1

Total

Antibes

590 727,14 

0,00 

590 727,14 

Beaulieu-sur-Mer

148 785,84 

466 557,89 

615 343,73 

Beausoleil

213 208,16 

213 208,16 

426 416,32 

Biot

220 064,18 

165 048,14 

385 112,32 

Cagnes sur Mer

717 647,21 

0,00 

717 647,21 

Carros

75 841,38 

0,00 

75 841,38 

Chateauneuf de Grasse

98 727,60 

0,00 

98 727,60 

Drap

25 902,72 

0,00 

25 902,72 

Gattières

115 533,76 

89 171,79 

204 705,55 

Grasse

721 852,24 

648 439,87 

1 370 292,11 

La Colle sur Loup

219 658,44 

219 658,44 

439 316,88 

La Gaude

72 655,94 

106 676,27 

179 332,21 

La Roquete sur Siagne

106 428,84 

0,00 

106 428,84 

La Trinité

35 836,34 

0,00 

35 836,34 

Le Cannet

565 794,00 

1 189 794,00 

1 755 588,00 

Le Rouret

104 601,70 

65 878,68 

170 480,38 

Mandelieu-La-Napoule

1 040 013,90 

1 040 013,90 

2 080 027,80 

Menton

801 220,56 

801 220,56 

1 602 441,12 

Mouans Sartoux

7 344,39 

188 828,54 

196 172,93 

Mougins

30 290,08 

0,00 

30 290,08 

Nice

2 175 393,83 

6 060 394,79 

8 235 788,62 

Pegomas

171 642,24 

266 816,17 

438 458,41 

Peymeinade

38 547,00 

0,00 

38 547,00 

Roquebrune Cap Martin

438 546,06 

558 546,06 

997 092,12 

Roquefort les Pins

180 380,08 

180 380,08 

360 760,16 

Saint Jeannet

115 663,33 

60 925,44 

176 588,77 

Saint Laurent du Var

440 735,56 

0,00 

440 735,56 

Saint Vallier de Thiey

348,00 

75 348,00 

75 696,00 

Tourette Levens

120 900,42 

124 530,86 

245 431,28 

Tourrettes sur Loup

162 848,25 

77 543,67 

240 391,92 

Vallauris

766 919,71 

1 267 126,11 

2 034 045,82 

Vence

501 527,12 

473 166,58 

974 693,70 

Villefranche sur mer

203 735,10 

203 735,10 

407 470,20 

Villeneuve Loubet

437 201,52 

0,00 

437 201,52 

 


mardi 11 mars 2025

Échec de la procédure - bâillon du Département 06 contre l'association Tous citoyens !

  


Communiqué de presse :

Échec de la procédure - bâillon du Département 06 contre l'association Tous citoyens !


Le Département des Alpes-Maritimes a déposé, en février 2024, une plainte contre l'association Tous citoyens ! pour diffamation. 

L'objet de la plainte : 

Nous avons publié en décembre 2023 un communiqué de presse pour dénoncer le fait que le Département 06 mette à la rue des jeunes exilé-es évalués majeur-es alors qu’ils et elles avaient besoin de soins médicaux (jeune fille enceinte, jeune garçon en attente d’une greffe du tendon, jeune garçon sous surveillance médicale après une embolie pulmonaire, etc.). Le Département 06, au lieu de répondre sur le fond et d’expliquer comment la mise en danger de ces jeunes exilé-es a été possible, a tenté de faire diversion en déposant plainte contre notre association pour diffamation.

L'ensemble de l'affaire est exposée en détail dans notre second communiqué : https://touscitoyens06.blogspot.com/2024/02/departement-06-une-plainte-pour-faire.html

La décision de justice :

Le tribunal judiciaire de Nice a rendu, par décision du 13 janvier 2025, un non-lieu. La décision précise que "les allégations reprochées" font "partie intégrante du débat public" et "relèvent de la liberté d'expression". Le tribunal constate l'absence de charges et prononce le non-lieu : "Attendu qu'il ne résulte pas de l'information judiciaire des charges suffisantes ni contre l'association "Tous citoyens" ni contre David Nakache (...) d'avoir commis les faits dénoncés (...), disons n'y avoir lieu à poursuivre quiconque du chef de diffamation."
 
Au-delà de la tentative de diversion pour ne pas avoir à expliquer comment un jeune homme en attente du greffe du tendon ou une jeune fille enceinte ont pu se retrouver à la rue et sans soins, la plainte du Département 06 constitue une procédure - bâillon, c'est à dire une procédure judiciaire pour faire taire ses opposants. Cette victoire au tribunal est une nouvelle étape dans le long combat pour défendre à la fois les droits des jeunes exilé-es, la liberté d'expression et la démocratie locale.

Nice, le 11 mars 2025
Association Tous citoyens !

lundi 10 mars 2025

Gratuité des transports en commun : on avance !

Bonjour,

La gratuité des transports en commun est une mesure indispensable à mettre en œuvre sur le territoire de la Métropole Nice Côte d'Azur autant d'un point de vue environnemental que social.

Nous portons, avec le rassemblement citoyen Viva, cette proposition depuis de longues années et nous avons fait campagne sur ce thème lors des élections municipales à Nice en 2020.

Le Parti Socialiste des Alpes-Maritimes invite mardi 11 mars à Nice Michaël Delafosse, maire de Montpellier, qui a déployé progressivement la gratuité dans sa ville depuis plus d'un an et je suis très heureux de voir les socialistes azuréens rejoindre les positions de Viva sur cette question.



Pour mémoire, vous trouverez en lien un "plaidoyer pour la gratuité des transports en commun à Nice", co écrit avec l'ami Robert Injey, publié en juin 2023, et qui reste d'une pleine actualité :
https://davidnakache.blogspot.com/2023/06/plaidoyer-pour-la-gratuite-des.html

Solidairement,

David Nakache

Membre du rassemblement citoyen Viva
Président de l'association Tous citoyens

dimanche 16 février 2025

Un carnaval gratuit et populaire à Nice, c'est possible !

 


Communiqué de presse du rassemblement citoyen Viva :

Un carnaval gratuit et populaire à Nice, c'est possible !



Le 20 janvier 2025, le rassemblement citoyen ViVA ! a lancé une pétition pour libérer le carnaval de Nice, devenu trop cher et cerclé de noires palissades.

Notre pétition a déjà recueilli plus de 1 700 signatures :


Le 22 janvier nous avons publié un argumentaire détaillé revenant sur :

- Le surtourisme : les Niçois et les Niçoises se sentent dépossédés de leur carnaval conçu désormais pour les touristes et tarifé en fonction de leur pouvoir d'achat

- Les prix des places et les conditions discriminantes de gratuité : aucun accès gratuit aux batailles de fleurs, des places trop chères, une opacité sur le nombre réel de place gratuites, le déguisement intégral imposé aux personnes ne pouvant pas acheter de places mais non imposé aux personnes payant leur entrée.

- La sécurité : face au risque attentat il faut trouver un juste milieu pour maintenir l'aspect festif du carnaval tout en garantissant la sécurité des participant·es, notamment en analysant ce qui se fait dans d'autres villes. Nous demandons le retrait des palissades noires qui coupent la ville en deux et font du carnaval un événement clôt.

La Ville de Nice et le préfet ont répondu que des palissades occultantes étaient indispensables pour garantir la sécurité des participant·es. Un barriérage ou des palissades en plexiglass transparent provoqueraient selon eux des attroupement à l'extérieur de l'événement, ce qui engendrerait un risque sécuritaire trop important.

Pour autant, le 15 février, la Ville de Nice a organisé une "Carnavalina" : un défilé de 2h sur l'avenue Jean Médecin, de 13h à 15h, entièrement gratuit, sans obligation de se déguiser et sans palissade occultantes. L'animation du défilé a été confiée à des compagnies artistiques locales et le carnaval a retrouvé un instant son aspect populaire et festif d'antan.

Nous saluons la tenue de ce bel événement qui appelle un constat et une proposition :

Le constat : la tenue de la Carnavalina démontre que l'argument sécuritaire pour justifier la pose de palissades noires ne tient pas puisque la sécurité des participant·es a été assurée sur une avenue centrale et emblématique de Nice sans ces palissades.

La proposition : il est indispensable que la gratuité et le libre accès au carnaval ne soient pas une exception mais deviennent la règle. Nous demandons à nouveau le retrait des palissades occultantes et que les Niçoises et les Niçois bénéficient de places gratuites en nombre suffisant à tous les événements et sans obligation de déguisement. Le carnaval doit être ouvert sur la ville et accessible à toutes et tous. Les carnavals de quartiers doivent être eux aussi ouverts et doivent pouvoir défiler sans rester enfermés dans des jardins publics.

La Carnavalina l'a démontré : un carnaval gratuit et populaire à Nice, c'est possible !


ViVA! – Démocratie, écologie, solidarité - Nice, le 16 février 2025

mardi 4 février 2025

Maraude place Garibaldi : la chasse aux pauvres continue à Nice


 Communiqué de presse de l'association Tous citoyens

Maraude place Garibaldi : la chasse aux pauvres continue à Nice


Après l'arrêt des distributions alimentaires au port, la Ville de Nice supprime la maraude place Garibaldi. Cette décision revient à chasser les personnes sans domicile de l'ensemble du secteur.

Cette politique, antisociale et contre productive, aura pour conséquence d'éloigner les personnes sans abri et de les regrouper près des lieux de distribution restants.

La Ville de Nice poursuit ainsi sa traque des personnes précaires. Elle avait tenté, en 2018, de chasser les SDF de la place du Pin en retirant la fontaine et l'accès à l'eau. Elle a chassé les migrants qui dormaient sur la digue du port et les roms qui dormaient près de la préfecture en 2022. Elle a tenté de chasser les migrants qui dorment devant l'église du Vœu en 2023. Ne sachant plus où se réfugier certains s'installent sous les douves du Paillon et s'exposent au risque inondation.

Cette stratégie porte un nom : la ségrégation urbaine. Le maire de Nice ne veut pas que la misère soit visible dans les zones touristiques de la ville. Il prend chaque années des arrêtés anti mendicité dans la zone "carte postale" de Nice.

Fait important, la distribution alimentaire ne concerne pas que les SDF. Nice subit une crise sociale profonde et un Niçois sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. De nombreuses personnes n'arrivent plus à se nourrir et viennent à ces maraudes. Les points de distribution restants, comme au XVème corps, sont plus éloignés et sont très vite saturés.

Supprimer les maraudes alimentaires, au plein cœur de l'hiver, est choquant et tout simplement inhumain.

Rappelons au maire de Nice et à ses adjoints un principe simple : c'est la pauvreté qu'il faut combattre, pas les personnes pauvres.


Nice, le 4 février 2025
Association Tous citoyens

mercredi 22 janvier 2025

Libérer le carnaval de Nice, droit de réponse

Bonjour,

Notre pétition pour un carnaval ouvert et sans palissades à Nice (Nice - Pétition pour un carnaval ouvert et sans palissades !) a dépassé en deux jours les 1 000 signatures et les 200 commentaires.

Les réponses du premier adjoint à la Ville de Nice, Anthony Borré, ont parfois été relayées sans que nous puissions y répondre. Vous trouverez ci-dessous notre "droit de réponse" point par point.

Si notre pétition n'a pas encore fait tomber les prix et les palissades, elle a d’ores et déjà suscité un large débat dans la ville et elle a forcé la Ville de Nice à proposer, sous réserve de l'accord du préfet, un défilé carnavalesque sur l'avenue Jean Médecin, événement entièrement gratuit et sans déguisement imposé !

Solidairement
David Nakache




Communiqué de presse du rassemblement citoyen Viva :

Libérer le carnaval de Nice, droit de réponse


Le rassemblement citoyen ViVA! a lancé une pétition pour libérer le carnaval de Nice à la fois privatisé et bunkérisé, pétition en ligne ici : Nice - Pétition pour un carnaval ouvert et sans palissades !
A la suite de propos du premier adjoint à la Ville de Nice relayés dans la presse sans que nous puissions parfois y répondre, nous souhaitons apporter les précisions nécessaires autour de trois axes majeurs : 

1. Le surtourisme et la frustration des Niçoises et des Niçois

Autrefois, le carnaval de Nice était géré par un comité des fêtes qui avait pour vocation d'organiser des événements pour les habitant·es. Il est désormais géré par un office du tourisme dont la vocation est d'organiser des événements pour les touristes. Beaucoup de Niçoises et de Niçois regrettent le temps où le carnaval de Nice était financièrement accessible. C'était un moment festif, familial, attendu et fêté collectivement. Le carnaval de Nice était un événement réellement populaire. Il est devenu un événement dont les habitant·es se sentent exclu·es.

Nous réaffirmons que le carnaval de Nice doit être un événement avant tout destiné aux Niçoises et aux Niçois et nous refusons de sacrifier la qualité de notre vivre ensemble sur l'autel de l'attractivité et du surtourisme.

Les carnavals de quartier sont restreints et peu aidés par la Ville. Six carnavals de quartiers sont prévus mais enfermés dans des jardins et, de fait, statiques. Nous proposons que chacun de ces carnavals puisse défiler dans son quartier. Il est possible d'impliquer davantage les habitant·es dans la préparation des carnavals de quartier.

Nous avons également perdu l'implication des écoles de Nice qui ouvraient ou fermaient le carnaval.

L'ouverture était gratuite lors des défilés des écolier·es et les gradins réservés aux familles de toute la ville.

Cette année, le carnaval s'arrête deux jours avant mardi gras !

La mise en retrait des carnavals de quartiers et la clôture du carnaval font réagir et nous sommes interpellé·es par de nombreuses habitants et habitantes qui font part d'une réelle frustration, voire de colère parfois. Certain·es parlent de sélection par l'argent, d'autres d'exclusion au profit des touristes, d'autres encore y voient une forme de séparatisme qui s'est peu à peu instauré sous deux aspects : les tarifs et la sécurité.

2. Les tarifs et la gratuité

Un couple avec deux enfants qui souhaite profiter de places en tribunes place Masséna devra débourser 76 € en zone A et 62 € en zone B. Les zones piétonnes sont moins chères mais beaucoup de personnes ne peuvent tenir en station debout durant tout un événement. C'est beaucoup trop cher. Notre ville est frappée par une crise sociale sans précédent. Le taux de pauvreté y est de 22% contre une moyenne nationale à 14%. Un·e Niçois·e sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. Le rassemblement citoyen ViVA ! milite depuis longtemps pour que la lutte contre la précarité et la pauvreté soit une priorité de la politique menée à Nice, ce qui n'est pas le cas. La Ville de Nice ne doit pas calibrer sa tarification sur le pouvoir d'achat des touristes mais sur celui des Niçoises et des Niçois. Fixer des tarifs trop élevés revient à opérer une sélection par l'argent. Ce n'est pas admissible.

On nous rétorque que la gratuité est possible à condition d'être déguisé·e. Mais pourquoi imposer le déguisement à celles et ceux qui ont peu de revenus et ne pas l'imposer aux plus fortuné·es ? Si on impose le déguisement, il faut l'imposer à toutes et tous, et sans sélection par l'argent.

Il existe par ailleurs une réelle opacité sur l'accès gratuit au carnaval :

- Beaucoup de personnes se sont vu refuser un accès gratuit car elles n'étaient pas intégralement déguisées "des pieds à la tête".

- Il n'y a aucune explication sur le nombre de places gratuites disponibles dans chaque zone.

- Enfin, l'accès à l'emblématique bataille des fleurs est exclusivement payant.

Si nous ne demandons pas une gratuité totale pour maintenir un équilibre financier de l'événement, il est indispensable de revoir la tarification en la rendant abordable pour les Niçoises et les Niçois et de clarifier et garantir un accès réellement gratuit y compris pour la bataille des fleurs.

Autre piste possible : un carnaval gratuit pour les Niçoises et les Niçois mais payant pour les touristes, en garantissant un nombre suffisant de places gratuites dans chaque zone et chaque événement.

3. La sécurité

Nous demandons dans notre pétition le retrait des palissades noires qui encerclent l'événement dans un véritable bunker. Toutes celles et tous ceux qui ne peuvent offrir une place à leurs enfants vivent cela comme une exclusion. Nous assistons chaque année à des scènes récurrentes où les passant·es tentent de voir l'événement dont ils sont privé·es en le regardant à travers les interstices entre deux palissades noires. Ces palissades et la disposition du carnaval coupent la ville en deux et imposent aux usager·es de la ligne 1 du tram de descendre pour reprendre le tram plus loin et contraignent les automobilistes à de nombreux détours.

L'un des arguments opposés à notre démarche est la sécurisation de l'événement. La gestion du carnaval a pris un tournant sécuritaire à la suite de l'attentat du 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais, renforcé à la suite de l'attentat de la Basilique Notre Dame le 29 octobre 2020. Garantir la sécurité des participant·es est une priorité. Mais l'on peut sécuriser sans bunkériser. Il faut trouver un juste milieu entre maintenir l'aspect festif du carnaval et garantir la sécurité de l'événement. Beaucoup de villes ont subi des attentats meurtriers et parviennent à organiser des événements qui restent ouverts et visibles. Les palissades coupe-vues ont en réalité bien peu d'effet sur la sécurité de l'événement. L'intrusion par véhicule bélier peut être empêchée par la pose de blocs bétons (ceux qui ont précisément fait défaut le 14 juillet 2016) ; un barriérage et un dispositif de sécurité peuvent empêcher les intrusions ; des protections résistantes en plexi transparent existent, etc. Anthony Borré évoque le risque d'attroupement derrière des panneaux non occultants mais cela peut être évité par un barriérage à distance des panneaux. Il faut repenser la sécurisation du carnaval de Nice, si besoin en regardant ce qui se fait lors des grands événements à Paris, Barcelone, Rome, Venise, Londres ou Berlin.

Christian Estrosi vante une Nice sécurisée. Avant l'attentat de la promenade des Anglais il osait même faire la leçon à la maire de Paris. Mais, malgré une vidéosurveillance développée à outrance et des sacrifices financiers conséquents, la politique sécuritaire menée à Nice, fondée sur la techno surveillance, est un échec. Nous avons subi deux terribles attentats et le narcotrafic se déploie dans des proportions jamais connues auparavant. Le dispositif de sécurité mis en place le 14 juillet 2016 devrait par ailleurs faire l'objet d'un procès spécifique.

Enfin, à court d'arguments, Anthony Borré improvise une réponse à notre pétition pour rendre à nouveau le carnaval populaire : un défilé carnavalesque sur l'avenue Jean Médecin, gratuit et ouvert à toutes et tous. Ce défilé n'apparaît pas dans le programme officiel déjà bouclé de l'événement et attendrait, selon le premier adjoint, l'aval du préfet. Nous nous réjouissons de cette éventualité : si notre pétition n'a pas encore fait tomber les prix et les palissades, elle a d’ores et déjà suscité un large débat dans la ville et elle a forcé la Ville de Nice à proposer un événement carnavalesque entièrement gratuit et sans déguisement imposé.


Nice, le 22 janvier 2025
Le rassemblement citoyen ViVA !