mercredi 27 mai 2026

Nice : ne laissons pas la mémoire de la Résistance aux héritiers de Pétain !

 


Communiqué de l'association Tous citoyens 

Nice : ne laissons pas la mémoire de la Résistance aux héritiers de Pétain !


"Eric CIOTTI, Maire de Nice, Président de la Métropole Nice Cote d'Azur, et l'ensemble du Conseil municipal de la Ville de Nice vous prient de bien vouloir prendre part à la "Célébration de la 13ème journée nationale de la Résistance", Mercredi 27 mai à 18h30 dans les jardins de la Villa Thiole à Nice."

S'il est légal et réglementaire qu'un maire, même d'extrême droite, célèbre la journée nationale de la Résistance, cela n'est pas pour autant légitime. 

Eric Ciotti, allié au RN, a fait élire des membres du RN au conseil municipal. Ensemble, ils invitent à commémorer la Résistance.

Or qu'est-ce que le RN ? Un parti fondé en 1972 par Jean Marie Le Pen et par d'anciens SS et d'anciens collaborateurs : Pierre Bousquet, ancien Waffen-SS, Léon Gaultier, ancien Waffen-SS et ancien membre de la division Charlemagne ou François Brigneau, ancien milicien pétainiste.

Jean Marie Le Pen a été condamné à plusieurs reprises, pour antisémitisme (1986) ; provocation à la haine, la discrimination et la violence raciale (1987) ; incitation à la haine (contre les musulmans en 2005, contre les Roms en 2016) ; contestation de crime contre l'humanité pour avoir affirmé puis réaffirmé que les chambres à gaz étaient un "détail de l'Histoire" (1990, 1997 et 2017) ; injures publiques ("Durafour-crématoire" en 1991, propos homophobes en 2019). Etc.

En 2017 Marine Le Pen a refusé de reconnaître la responsabilité de la France dans la rafle du Vel d'Hiv.

En 2023, Jordan Bardella a nié l'antisémitisme de Jean Marie Le Pen.

En 2025, lors du décès de Jean Marie Le Pen, Eric Ciotti lui a rendu hommage et s'est rendu à une messe en sa mémoire.

Cette célébration, à Nice, de la Résistance par l'extrême droite est profondément choquante : c'est une insulte faite à tous les résistants et à la Résistance elle-même.

Ne laissons pas la mémoire de la Résistance aux héritiers de Pétain !


Nice, le 27 mai 2026
Association Tous citoyens

dimanche 3 mai 2026

Aquila Popularis : faut-il attendre le pire pour agir ?

 

Aquila Popularis : faut-il attendre le pire pour agir ?

Par Jonathan Gensburger et David Nakache

 

La ville de Nice a vu émerger et se structurer un groupe se réclamant d’une idéologie identitaire radicale : le collectif Aquila Popularis.

Créé fin 2022, Aquila popularis se revendique du nationalisme-révolutionnaire et compte dans ses rangs d’anciens membres du groupuscule néonazi « Zoulous Nice », lui-même issu de « Nice nationaliste », qui regroupait les militants identitaires les plus violents.

Depuis plusieurs mois, à Nice, Aquila Popularis démultiplie les démonstrations de force dans des mises en scènes soigneusement orchestrées reprenant l’imagerie des ligues d’extrême droite des années 30 et des mouvements fascistes (devant la basilique Notre Dame, au Monument aux Morts ou place Garibaldi).

Le groupuscule célèbre Jeanne d’Arc, Robert Brasillach (figure de l’Action française condamnée pour collaboration et antisémitisme) ou Albert Spaggiari (ancien membre de l’OAS). Le groupuscule colle des stickers portant des slogans tels que « un toit pour les nôtres, pas pour les autres », véhiculant une rhétorique d’exclusion et de rejet.

Aquila popularis n’hésite pas à proférer des menaces à peines voilées sur les réseaux sociaux à l’encontre de responsables politiques locaux.

A la suite des agressions ayant eu lieu dans le Vieux Nice le 13 décembre 2025 (agression raciste) et le 23 mars 2026 (agression contre des militants de gauche) deux individus ont été placés en garde à vue. Lors des perquisitions menées à leurs domiciles, les enquêteurs ont trouvé des éléments accablants : poing américain, matraque télescopique, baïonnette, équipements de combat, mais aussi autocollants et vêtements Aquila Popularis, croix celtiques, objets et insignes nazis. L’enquête devra établir la responsabilité ou non des personnes placées en garde à vue et déterminer le degré d’implication éventuelle du groupe identitaire dans ces agressions physiques.

L’ensemble de ce faisceau d’indices pousse à penser que nous sommes face à un groupe structuré, radicalisé, convoquant les heures les plus sombres de notre histoire dans son iconographie, manifestement dangereux et pouvant passer à l’acte.

Dès lors, des questions se posent : les activités d’Aquila Popularis font-elles l’objet d’une surveillance renforcée par les services du renseignement ? Pourquoi le préfet autorise-t-il des manifestations incitant à la haine et à la violence ? Faut-il attendre un drame pour que l’État réagisse ?

Nous posons ici, sans détour, la question de la dissolution d’Aquila popularis : l’article L212-1 du Code de la sécurité intérieure permet la dissolution de groupes qui provoquent à la haine, à la discrimination ou à la violence, ou qui participent à des agissements troublant gravement l’ordre public.

Nous appelons le préfet des Alpes-Maritimes et le ministre de l’Intérieur à la plus grande vigilance et à prendre, le cas échéant, les mesures nécessaires.



Nice le 3 mai 2026

Jonathan Gensburger et David Nakache

mercredi 22 avril 2026

Non, Eric Ciotti, 3 603 fois non !


Non, Eric Ciotti, 3 603 fois non !


Comme souvent en montant au Château, je pose lentement la main, en silence, sur la pierre froide du mur des Déportés.

On me dit que c'est normal, puisqu'Eric Ciotti est maire, qu'il ait prononcé un discours pour Yom HaShoah, ce 14 avril 2026, sur la colline du Château, devant les 3 603 noms, gravés dans la pierre, des Niçoises et de Niçois juifs déportés dans les camps.

On me dit que c'est normal, que dimanche prochain, le 26 avril, Eric Ciotti prononce un discours lors de la cérémonie officielle de la "Journée du Souvenir des Victimes et Héros de la Déportation" qui, outre les déportés juifs, commémore également le souvenir des déportés homosexuels, tziganes, handicapés, opposants ou résistants.

Eric Ciotti a été élu démocratiquement maire et il fait et fera ces discours en tant que maire.

"C'est la démocratie David, il faut l'accepter". 

Oui bien sûr, il faut "accepter".

Pourquoi alors, au fond de moi, cette sourde colère ? 

Pourquoi alors, malgré les arguments exposés, m'est-il impossible "d'accepter" ?

Par quel retournement de l'Histoire en sommes-nous arrivés à ne pas être choqués de voir l'extrême droite commémorer la déportation ?

Par quelle amnésie collective sommes nous amenés à trouver "normal" qu'un Eric Ciotti, allié au RN, faisant élire des conseillers municipaux et métropolitains RN, puisse commémorer la Shoah et la déportation ?

Par quelle force d'inertie collective en sommes nous réduits à perdre notre capacité d'indignation ? 

Le Rassemblement National, alors dénommé Front National, a été cofondé en 1972 par Jean Marie Le Pen et par des anciens SS et des anciens collaborateurs : Pierre Bousquet, ancien Waffen-SS, Léon Gaultier, ancien Waffen-SS et ancien membre de la division Charlemagne ou François Brigneau, ancien milicien pétainiste.

Jean Marie Le Pen a été condamné à plusieurs reprises, pour :
- Antisémitisme insidieux (1986), 
- Provocation à la haine, la discrimination et la violence raciale (1987), incitation à la haine (contre les musulmans en 2005, contre les Roms en 2016)
- Contestation de crime contre l'humanité pour avoir affirmé puis réaffirmé que les chambres à gaz étaient un "détail de l'Histoire" (1990, 1997 et 2017)
- Injures publiques ("Durafour-crématoire" en 1991, propos homophobes en 2019).
- Etc.

En 2017 Marine Le Pen a refusé de reconnaître la responsabilité de la France dans la rafle du Vel d'Hiv.

En 2023, Jordan Bardella a nié l'antisémitisme de Jean Marie Le Pen.

En 2025, lors du décès de Jean Marie Le Pen, Eric Ciotti lui a rendu hommage et est allé à une messe en sa mémoire.

Que dire de plus ? Que faut-il écrire de plus ?

Comme souvent en montant au Château, je pose lentement la main, en silence, sur la pierre froide du mur des Déportés.

En leur mémoire je ne peux me résoudre à trouver cela "normal" et je ne peux me résoudre à "accepter".

Non Eric Ciotti, 3 603 fois non.


Nice, le 22 avril 2026
David Nakache

vendredi 10 avril 2026

Soutien à Cédric Herrou et défense de la liberté d’expression


Communiqués de presse de l’association Tous citoyens !

Soutien à Cédric Herrou et défense de la liberté d’expression

 

Alexandra Masson, maire de Menton, à peine élue à la présidence de la Communauté d’Agglomérations de la Riviera Française, a proféré une attaque ad hominem violente à l’encontre du citoyen solidaire Cédric Herrou.

En effet, l’élue du Rassemblement National a déclaré : « C’est un homme extrêmement sectaire, dangereux (…). Je l’invite à quitter la vallée, et qu’il ne s’inquiète pas : les habitants de la Roya seront bien représentés par les maires des communes. Nous avons fort à faire, mais surtout sans lui ».

Non, Alexandra Masson, ce n’est pas à vous de décider qui réside ou ne réside pas dans la Vallée de la Roya.

Non, Alexandra Masson, les citoyennes et les citoyens ont le droit de s’opposer à l’extrême droite et de le dire haut et fort, cela s’appelle la liberté d’expression.

Cette déclaration d’Alexandra Masson est à la fois inquiétante et dangereuse :

- Inquiétante, car l’Histoire nous a appris que l’extrême droite commence toujours par s’en prendre à ses opposants politiques.

- Dangereuse, car Cedric Herrou a déjà reçu de nombreuses menaces de mort. Cette déclaration pourrait être interprétée par des groupuscules d’ultra-droite comme une consigne pour faire pousser à quitter la vallée.

L’association Tous citoyens réaffirme son soutien plein et entier à Cédric Herrou et aux compagnons d’Emmaüs Roya.

Nous appelons Alexandra Masson à respecter la liberté d’expression et nous appelons l’ensemble des citoyennes et des citoyens à rester vigilants face aux attaques de l’extrême droite.



Nice, le 10 avril 2026

Association Tous citoyens !