David Nakache
Président de l'association "Tous citoyens !" - Membre du rassemblement citoyen "Viva"
mercredi 29 juillet 2026
Hommage à Marika (Marie Catherine Gassin)
dimanche 12 juillet 2026
Interview France 3 lors des 10 ans de l'attentat de la promenade des Anglais à Nice
Interview France 3 Côte d’Azur lors de la marche commémorative des 10 ans de l’attentat de Nice : la souffrance des victimes, les faits post attentat qui ont ajouté de la douleur à la douleur
samedi 11 juillet 2026
Hommage à Jeanne Thiémonge
J’apprends avec beaucoup de tristesse le décès de Jeanne Thiémonge.
Nous perdons une grande dame et une grande militante.
Toutes mes condoléances à sa famille et à ses proches.
jeudi 9 juillet 2026
14 juillet 2016 : commémorer ne suffit pas
14 juillet 2016 : commémorer ne suffit pas
Le 14 juillet 2026 nous allons commémorer les 10 ans de l’attentat de Nice du 14 juillet 2016.
Commémorer, c’est se souvenir ensemble, partager une mémoire commune qui nous lie et nous relie. Commémorer le terrible attentat du 14 juillet 2016 permet d’honorer les 86 victimes disparues et les très nombreux blessés, de reconnaitre les souffrances physiques et psychologiques des survivant-es, des familles et des proches. Commémorer permet de transmettre la mémoire du drame, de l’inscrire encore davantage dans notre histoire collective. Commémorer permet de réaffirmer nos valeurs démocratiques, le refus de la violence et du terrorisme.
Pourquoi, dans ces conditions, commémorer l’attentat de Nice devient-il chaque année de plus en plus difficile ?
A Nice, à la douleur de l’attentat s’est ajoutée une douleur liée à des faits post attentat. Et de ces faits est né un besoin grandissant de vérité. Les 10 ans de l’attentat de Nice sont en réalité 10 ans de silences coupables, 10 ans d’absence de transparence, 10 ans d’absence de courage, 10 ans d’absence de vérité.
14 juillet, défaite nationale
Nice a connu un double traumatisme : le drame du 14 juillet 2016 et l'indignité de l'après 14 juillet. Quelques heures à peine après le drame, des polémiques indécentes entre le maire de Nice de l’époque, Christian Estrosi, et le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bernard Cazeneuve, se déversaient dans les médias, chacun accusant l’autre pour ne pas porter la responsabilité de la faiblesse du dispositif policier. Après l’abject voyeurisme médiatique, l’écœurante panoplie de la démagogie et de la récupération politicienne s’est déployée à Nice sans la moindre retenue, sans le moindre respect pour les victimes.
Puis vint l'impossible minute de silence du 18 juillet 2016. Alors qu’après les attentats de 2015 à Paris l’unité et la dignité étaient visibles par tous, il a été impossible, à Nice, de respecter ne serait-ce qu’une simple minute de silence en hommage à nos morts : en plus des huées à l’attention des politiques, les invectives racistes et islamophobes ont fusé de part et d’autre de la Promenade des Anglais où près de 42 000 personnes s’étaient rassemblées.
Puis vint le déchainement islamophobe, les violentes polémiques d’août 2016 sur le burkini, l’amplification de l'hystérie collective autour de l’islam, exutoire cruel à notre impuissance collective à lutter contre le terrorisme.
Et, enfin, le premier hommage aux victimes en octobre 2016 fut un hommage privatisé sur la colline du Château, excluant les Niçoises et les Niçois appelés à suivre l’hommage… à la télévision.
Dispositif de sécurité
Les 10 années qui ont suivies l’attentat de Nice sont 10 années d’attente que la vérité soit faite, en vain. 10 longues années et tant de questions sans réponse concernant :
- Les nombreux repérages préalables du terroriste
- L’absence de blocs bétons ou de véhicule permettant d’empêcher le camion de passer sur le trottoir de la promenade des Anglais
- Le nombre réel d’effectifs de police,
- Les pressions exercées et les médailles remise à des policiers qui n’auraient pas été présents sur les lieux le soir du 14 juillet pour faire croire que les effectifs de police nationale étaient suffisants ce soir-là.
Lors des audiences du procès des complices de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, en octobre 2022, de nombreux éléments sont venus attester de l’insuffisance du dispositif de sécurité. Retenons, entre autres, l’absences d’unités mobiles, mobilisées pour accompagner un déplacement de François Hollande à Avignon et l’épuisement des forces de l’ordre par l’événementiel permanent avec la pose réglementaire de jours de récupération.
La tenue d'un second procès judiciaire sur les failles du système de sécurité et les responsabilités afférentes est indispensable. Ce deuxième procès est une nécessité pour les familles et proches des victimes mais elle l'est aussi pour l'ensemble des Niçoises et des Niçois, et bien au-delà.
La menace terroriste ne peut être écartée. Même si aucun dispositif de sécurité ne peut prétendre à 100 % empêcher un attentat, il faut tirer les enseignements de l'inefficacité du dispositif mis en place le 14 juillet 2016 à Nice. Et, plus encore que le dispositif lui-même, c'est la conception de notre politique sécuritaire qui est en jeu.
Prélèvements d’organes
Comble de l’abject, paroxysme de l’atroce : des prélèvements d’organes ont été effectués sur les corps de victimes sans le consentement des familles et sans même les en informer.
Si certains ont pu penser qu’il s’agissait de prélèvements effectués pour des dons d’organes, il n’en n’est rien.
En 2018, la mère d’une enfant de 12 ans tuée dans l’attentat découvre dans un procès-verbal de mise sous scellés que des organes ont été prélevés sur le corps de sa fille. Lors du procès d’octobre 2022, l’ancien directeur de l'institut médico-légal de Nice, Gérald Quatrehomme, a reconnu que des organes avaient été prélevés sur les corps de 14 victimes, dont 4 enfants. Lors de ce même procès l'ancien procureur antiterroriste François Molins a estimé que le choix fait par les médecins légistes de prélever l'entièreté des organes de certaines victimes "ne se justifiait pas" et relève d’une « forme d’excès de zèle ». La majorité des familles concernées n'a pas été informée de ces prélèvements et certaines l'ont appris à l'audience.
Au total, 173 organes auraient été prélevés, dont le bloc utérin d’une enfant de 6 ans. L'identification des organes a été rendue impossible en raison de l'état de conservation des organes dans le formol, qui, avec le temps a altéré les tissus. Des tests ADN ont dû être réalisés pour restituer les organes aux familles mais ils n’ont pas été concluants. Des organes ont été restitués aux familles sans que celles-ci aient la garantie qu’il s’agisse bien des organes de leurs proches.
Cette pratique choquante, aberrante, a-t-elle fait la « Une » de la presse nationale ? Les responsables ont-ils dû s’expliquer publiquement ? Y a-t-il eu une enquête judiciaire ? Y a-t-il eu, au moins, une enquête parlementaire ?
Rien, silence radio.
Ce que la France doit aux victimes
De nombreuses victimes et familles de victimes expriment dans la presse un sentiment partagé. Oui, commémorer est nécessaires et même indispensable. Pour autant elles ont souvent le sentiment de servir de faire-valoir à des personnalités politiques, d’être convoquées pour des séquences médiatiques d’émotions mais d’être tenues à distance de tout ce qui pourrait faire émerger la vérité.
Les victimes de l’attentat de Nice ont été plus que malmenées. Beaucoup ont le sentiment d’avoir été « triées », « classée » ou déclassées » face à la question des indemnisations.
Les victimes et familles de victimes musulmanes ou supposées l’être ont subi des invectives et une forme de « double peine », sous le coup d’une assignation identitaire les ramenant sans cesse à l’islam.
Les familles ayant assisté au procès à Paris, en 2022, ont dû faire l’avance des frais puis ont dû batailler pour être intégralement remboursées.
Et que dire des familles confrontées aux prélèvements d’organes abusifs, sans information, demande de consentement, ni accompagnement par la suite ?
On parle sans cesse de résilience, mais comment entrer dans un processus de résilience dans ces conditions et tant qu’autant de questions restent sans réponses ?
Les présidents, les gouvernements, les parlementaires et les maires sont garants de la continuité de l’action des pouvoirs publics.
Comment les gouvernements et les maires successifs osent ils commémorer chaque année l’attentat de Nice sans avoir fait toute la vérité sur le dispositif de sécurité du 14 juillet 2016 ?
Comment les gouvernements successifs osent ils commémorer chaque année l’attentat de Nice sans avoir fait toute la vérité sur les prélèvements abusifs d’organes et sans avoir présenté, au nom de la République française, des excuses solennelles aux familles ?
Que nous soyons victimes, familles de victimes ou simples citoyennes et simples citoyens, comment irons-nous commémorer l’attentat de Nice dans ces conditions, sans avoir aucune réponse à l’ensemble des questions posées ?
L’attentat du 14 juillet 2016 a été et reste pour notre ville une terrible épreuve et un immense traumatisme. De nombreuses personnes, qu'elles soient niçoises ou venues d’ailleurs, ont été frappées dans leur chair. Beaucoup en portent les stigmates, tant physiques que psychologiques. Leurs revendications sont légitimes et doivent devenir nos revendications, collectives et citoyennes.
samedi 13 juin 2026
Nice : tapis rouge à "la nouvelle internationale réactionnaire"
Emmanuel Macron, qui n'est plus à une contradiction près, avalise des dirigeants qui participent à la "nouvelle internationale réactionnaire" qu'il dénonçait il y a un an et demi à peine.
- Eric Ciotti a, jusqu’à l’invasion russe en Ukraine, défendu le renforcement d’une amitié franco-russe.
- Il a remis en question la légitimité de la Cours pénale internationale dès qu'elle a lancé un mandat d’arrêt contre Benyamin Netanyahu.
- Il est un fervent soutien de Donald Trump. Il a reçu à Nice Charles Kushner, le très trumpien ambassadeur des Etats-Unis et a indiqué vouloir l'inviter à nouveau le 4 juillet, date de l'indépendance des Etats-Unis.
- Il reçoit ce dimanche le 1er ministre suprémaciste indien, Narendra Modi et fait flotter le drapeau indien sur le fronton de la Ville de Nice. Rappelons à ce sujet que le préfet des Alpes-Maritimes avait imposé à l'ancien maire de Nice, Christian Estrosi, le retrait des drapeaux israéliens du fronton de l'hôtel de Ville au nom du principe de neutralité des bâtiments publics.
vendredi 29 mai 2026
Nice, les deux visages de l'extrême droite
Nice, les deux visages de l'extrême droite
La progression de l'extrême droite dans les Alpes-Maritimes prend plusieurs visages, se développe et étend son emprise sous différentes formes et de différentes façons.
L'extrême droite institutionnelle de l'UDR et du RN présente des candidats aux élections. Après une phase de banalisation et de normalisation, elle accède progressivement au pouvoir. Aux dernières élections municipales elle a pris les villes de Cagnes-sur-Mer, Nice et Menton et, avec elles, la Métropole Nice Côte d'Azur et la Communauté d'Agglomérations de la Riviera Française. Cette extrême droite institutionalisée va transposer son discours radical et extrême en discours officiel et en politiques publiques locales.
L'extrême droite identitaire dite "radicale", elle, est composée de groupuscules nébuleux et violents. Elle occupe l'espace public, démultiplie les coups d'éclats et les démonstrations de force : devant le Monuments aux Morts, place Garibaldi en hommage à Quentin Deranque, devant la statue de Jeanne d'Arc, etc. Elle pose des croix dans l'arrière-pays, colle des stickers et des affiches reprenant l'iconographie fasciste et nazie. Les procédures judiciaires en cours diront si elle est liée aux agressions violentes commises dans le Vieux Nice et à Paris.
En réalité, il s'agit de deux visages d'une même idéologie, deux aspects d'un même mouvement politique.
L'extrême droite institutionnelle et l'extrême droite radicale se renforcent mutuellement :
Les propositions et actions de l'extrême droite radicale sont mieux acceptées qu'auparavant car l'extrême droite institutionnelle a préparé le terrain. Elle a posé des bases dans le débat public qui rendent les propos et les actions des groupuscules moins choquantes.
Inversement, plus l'extrême droite identitaire se radicalise encore davantage et devient violente et plus l'extrême droite institutionnelle se normalise et semble plus respectable.
La demande de dissolution du groupuscule "Aquila Popularis" par Eric Ciotti en est le parfait exemple : en se démarquant d'une extrême droite radicale avec qui il partage pourtant une parenté évidente, Eric Ciotti gagne en respectabilité et en responsabilité.
Oui, il faut stopper les actions d'Aquila Popularis et nous avons posé, avec Jonathan Gensburger, la question de sa dissolution sans détour (Aquila Popularis : faut-il attendre le pire pour agir ?).
Mais il ne faut pas être dupe de l'opposition factice entre Eric Ciotti et Aquila Popularis : plus l'extrême droite institutionnelle dénonce l'extrême droite radicale et plus elle se respectabilise.
Nous devons ainsi, toutes et tous, combattre l'extrême droite sans relâche, partout, et sous toutes ces formes.
Nice, le 29 mai 2026
David Nakache
mercredi 27 mai 2026
Nice : ne laissons pas la mémoire de la Résistance aux héritiers de Pétain !
Communiqué de l'association Tous citoyens
Nice : ne laissons pas la mémoire de la Résistance aux héritiers de Pétain !
"Eric CIOTTI, Maire de Nice, Président de la Métropole Nice Cote d'Azur, et l'ensemble du Conseil municipal de la Ville de Nice vous prient de bien vouloir prendre part à la "Célébration de la 13ème journée nationale de la Résistance", Mercredi 27 mai à 18h30 dans les jardins de la Villa Thiole à Nice."
S'il est légal et réglementaire qu'un maire, même d'extrême droite, célèbre la journée nationale de la Résistance, cela n'est pas pour autant légitime.
Eric Ciotti, allié au RN, a fait élire des membres du RN au conseil municipal. Ensemble, ils invitent à commémorer la Résistance.
Or qu'est-ce que le RN ? Un parti fondé en 1972 par Jean Marie Le Pen et par d'anciens SS et d'anciens collaborateurs : Pierre Bousquet, ancien Waffen-SS, Léon Gaultier, ancien Waffen-SS et ancien membre de la division Charlemagne ou François Brigneau, ancien milicien pétainiste.
Jean Marie Le Pen a été condamné à plusieurs reprises, pour antisémitisme (1986) ; provocation à la haine, la discrimination et la violence raciale (1987) ; incitation à la haine (contre les musulmans en 2005, contre les Roms en 2016) ; contestation de crime contre l'humanité pour avoir affirmé puis réaffirmé que les chambres à gaz étaient un "détail de l'Histoire" (1990, 1997 et 2017) ; injures publiques ("Durafour-crématoire" en 1991, propos homophobes en 2019). Etc.
En 2017 Marine Le Pen a refusé de reconnaître la responsabilité de la France dans la rafle du Vel d'Hiv.
En 2023, Jordan Bardella a nié l'antisémitisme de Jean Marie Le Pen.
En 2025, lors du décès de Jean Marie Le Pen, Eric Ciotti lui a rendu hommage et s'est rendu à une messe en sa mémoire.
Cette célébration, à Nice, de la Résistance par l'extrême droite est profondément choquante : c'est une insulte faite à tous les résistants et à la Résistance elle-même.
Ne laissons pas la mémoire de la Résistance aux héritiers de Pétain !
Nice, le 27 mai 2026
Association Tous citoyens




