mardi 20 octobre 2026

Répondre à la jeunesse


Répondre à la jeunesse

 

La répression du mouvement lycéen et étudiant

Entre le 17 septembre 2026, début du mouvement lycéen, et le 17 octobre 2026, où les violences urbaines se sont généralisées, le président de la République et le gouvernement n’ont pas répondu, durant un mois, aux attentes de la jeunesse de France.

La seule réponse apportée a été une répression policière indifférenciée, disproportionnées et irresponsable :

·       Indifférenciée

Cette répression a traité les lycéens de la même manière que les casseurs, les mineurs comme les majeurs. Cette indifférenciation génère un sentiment légitime d’injustice chez les jeunes mobilisés.

·       Disproportionnée

La méthode de maintien de l’ordre choisie (assauts face aux blocus des établissements, nasse) et les armes utilisées (LBD, grenades assourdissantes, lacrymogènes) sont totalement disproportionnées. Le recours à ces armes a engendré de nombreuses blessures et de graves mutilations de mineurs. 36 enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN depuis le début du mouvement.

·       Irresponsable

Cette répression aveugle marque au fer rouge toute une génération. La peur d’être blessés, arrêtés ou humiliés, les traumatismes liés aux nasses, violences, interpellations et garde-à-vues sont réels et vont laisser des traces dans les comportements. La répression brise tout lien de confiance possible entre les jeunes mobilisés et les forces de l’ordre et, de façon plus large, l’autorité de l’Etat.

Emmanuel Macron et son gouvernement avaient toute latitude, durant un mois, pour écouter les lycéens et leur apporter une réponse à la hauteur de leurs revendications. Au lieu de cela le choix a été fait de jouer la montre en attendant les vacances scolaires et en espérant un essoufflement du mouvement.

Après les violences urbaines du 17 octobre : diversions, amalgames, instrumentalisations et couvre-feux

Depuis le 17 octobre, le débat politique fait très clairement fausse route. Diversions, amalgames et instrumentalisation nous détournent des véritables difficultés auxquelles nous sommes confrontés et nous amènent à de fausses solutions :

·       Diversions :

Le maitre mot du gouvernement semble être de faire diversion le plus vite possible pour ne pas rendre des comptes sur le fiasco sécuritaire du 17 octobre.

Face aux violences urbaines, pillages et dégradations du 17 octobre, le dispositif de maintien de l’ordre peut légitimement être questionné. Le constat est simple : tout policier occupé à nasser et gazer des manifestants inoffensifs n’était pas disponible pour empêcher les casseurs de nuire. Des commerçants ont été laissés seuls face aux casseurs durant de très longues heures. L’impréparation du dispositif de sécurité, l’absence de renseignements fiables, la lenteur d’intervention interrogent. 

Tout est fait pour que ce débat, pourtant essentiel, laisse la place le plus rapidement possible à la logorrhée punitive : interdire la France Insoumise, instaurer l’état d’urgence et déployer l’armée, supprimer les allocations familiales et les logements sociaux des familles de casseurs, etc.

·       Amalgames :

Un amalgame est fait entre manifestants pacifistes et casseurs. Cet amalgame sert aux tenants du tout sécuritaire à tenter de restreindre encore davantage le droit de manifester.

Cet amalgame pour but de légitimer de nouvelles atteintes aux libertés individuelles et collectives comme pousser à autoriser le recours à la reconnaissance faciale lors de manifestations.

·       Instrumentalisation :

Des accusations sont portées contre l’extrême gauche, les antifas ou la France Insoumise, sans qu’aucun élément probant ne soit mis en avant.

Ces accusations n’émanent pas seulement de partis politiques de droite ou d’extrême droite mais du gouvernement et du chef de l’Etat eux-mêmes. Il s’agit ici d’une instrumentalisation politicienne des événements pour disqualifier la gauche en vue de l’élection présidentielle. Cette instrumentalisation ne servira, au final, que de marchepied à l’extrême droite pour accéder au pouvoir en 2027.

Éric Ciotti, maire de Nice en roue libre, affirme ainsi, en un condensé aussi sidérant que consternant : « Nous sommes face à un fascisme rouge, à une intifada française, à une forme d’insurrection où se rejoignent les islamistes, les antifas, les casseurs, les pilleurs téléguidés par l’ultra gauche à visée terroriste. »

·       Les couvre feux 

Au lieu de répondre sur le fond, la réaction du gouvernement se limite à nouveau à des dispositifs sécuritaires et liberticides dont l’instauration de couvre-feux partiels et localisés. Or ces couvre-feux visent à nouveau la même cible : les jeunes.

Toutes les études sociologiques démontrent que la génération actuellement mobilisée a été marquée par le covid. Les confinements ont constitué un traumatisme désormais établi sur cette jeunesse. Et que leur impose-t-on désormais ? Un couvre-feu !

Cette mesure, de plus, fait fi de la réalité : les personnes interpellées le 17 octobre ont des parcours divers mais sont majoritairement majeures, parfois connues des services de police et en récidive, présentant des profiles bien différents de ceux des mineurs interpellés lors des mobilisations lycéennes.

Comprendre et anticiper les violences urbaines

L’ensemble de ces diversions, amalgames, instrumentalisations et fausses solutions nous détournent de deux véritables enjeux, dont l’analyse et la compréhension du phénomène de violences urbaines.

Les violences urbaines se greffent désormais sur les manifestations et les mouvements sociaux comme sur les matchs de football. Elles ne sont donc pas intrinsèquement liées aux manifestations. Mais, visiblement, l’analyse de ce phénomène ne semble à l’ordre du jour ni du point de vue du gouvernement ni de celui des médias.

Analyser et comprendre les violences urbaines comme un phénomène social et politique ne veut pas dire nier les responsabilités individuelles ni les conséquences des violences sur les habitants. Cette analyse est indispensable pour passer des réponses sécuritaires immédiates à des actions de prévention et des réponses durables.

Les violences urbaines ne peuvent être réduites à de simples actes de délinquance. Elles s'inscrivent dans un contexte d'inégalités sociales, de ségrégations territoriales, de discriminations et de défiance envers les institutions, à commencer par la police.

La prévention des situations où les violences urbaines explosent passe par des politiques globales s’inscrivant dans la durée, dans les domaines de l'éducation, de l'insertion, de la lutte contre les discriminations, du logement et du cadre de vie, dans le déploiement des services publics, la lutte contre les exclusions sociales et contre la récidive.

Répondre à la jeunesse

Indépendamment de la question spécifique du phénomène de violences urbaines et des réponses à apporter en terme de pouvoir d'achat et d'augmentation des salaires, il est indispensable de répondre à la jeunesse.

Emmanuel Macron n’a jamais su, durant l’ensemble de ses deux mandats, écouter la jeunesse et répondre à ses attentes. Il a accumulé les échecs de différents dispositifs lancés : le Service National Universel, le Contrat d’Engagement Jeune, Parcoursup… Mais, surtout, il a fait preuve d’une inaptitude profonde à prendre la mesure du dérèglement climatique et de la crise sociale.

Il est impératif de sortir des logiques purement répressives et des politiques de contrôle qui ne considèrent les jeunes que comme un problème alors qu’il faut les écouter et leur donner des réponses sur leur avenir.

Il est impératif de répondre aux revendications légitimes de la jeunesse :

A court terme :

·       Engager de réelles négociations en acceptant en préalable de :

o Supprimer Parcoursup, repenser le système d’orientation et réaffirmer la non sélection à l’entrée des universités

o   Revoir et repenser les emplois du temps et le remplacement des professeurs absents

·    Organiser des états généraux des conditions matérielles d’études dans les lycées et les facultés en réunissant les présidents de régions et d’université mais aussi des représentants lycéens et étudiants, avec pour objectif d’obtenir :

o   Un état des lieux précis et un diagnostic partagé

o   Un plan de rénovation chiffré et budgétisé

A long terme :

Au-delà de ces mesures ponctuelles, il faut surtout apporter du sens : mener une politique où l’avenir semble moins sombre, un projet de société où les jeunes peuvent se projeter et s’intégrer.

Il ne s’agit pas ici uniquement de permettre aux jeunes de s’intégrer économiquement dans la société pour sécuriser les conditions matérielles d’une vie décente. Il s’agit de leur permettre d’être réellement écoutés et pris en considération, de participer à un projet de société par une citoyenneté active.

Il est primordial de porter un projet politique commun d’émancipation individuelle et collective permettant à la jeunesse de se projeter positivement vers l’avenir.

 

 

 

mercredi 7 octobre 2026

Faut-il révoquer Eric Ciotti ?


Faut-il révoquer Eric Ciotti ?


Éric Ciotti a demandé la révocation de Bally Bagayoko car il aurait, selon lui, encouragé les lycéens à la violence. 

Éric Ciotti soutient Jordan Bardella, qui a tenu des propos clairement antisémites.

Il a rendu hommage, après son décès, à Jean-Marie Le Pen, condamné pour antisémitisme et contestation de crime contre l'humanité.

Il fait alliance avec un parti fondé par d’anciens Waffen-SS et d'anciens miliciens pétainistes.

Il défend la thèse du retour au droit du sang, mise en œuvre sous Vichy.

Une question, désormais, se pose : faut-il révoquer Eric Ciotti ?


samedi 3 octobre 2026

Mobilisation lycéenne : une réponse policière disproportionnée

Les lycéennes et lycéens demandent de meilleures conditions d'éducation. L'Etat leur répond par une répression aveugle et totalement disproportionnée.

L'Etat brutalise notre jeunesse au lieu de répondre par le dialogue.

Cette répression violente va créer chez nos jeunes un sentiment d'injustice et une défiance durable vis à vis de nos institutions.

Cette politique de répression est irresponsable et inacceptable.

Interview BFM Nice Côte d'Azur le 30.09.2026



dimanche 20 septembre 2026

Principe de précaution : stop au projet Vatel à Nice Grand Arénas

 


Communiqué de presse :

Principe de précaution : stop au projet Vatel à Nice Grand Arénas

 

L’école internationale d’hôtellerie Vatel devrait très prochainement, selon la presse locale, obtenir son permis de construire au Grand Arenas à Nice, en complément d’un second site situé à Saint Laurent du Var. 800 étudiants y seront formés aux métiers de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme.

Le chantier Vatel du Grand Arénas devrait débuter en 2027 et être livré en septembre 2029. Le bâtiment, de 11 000 m2, devrait comprendre l’école d’hôtellerie elle-même et un projet immobilier de 710 logements.

Problème : le sol est instable. Le terrain est bordé, à l’est, par le tunnel de sortie de la voie rapide, dont la construction a nécessité l’injection non prévue de ciment pour éviter les infiltrations d’eau. A l’ouest, de l’autre côté de la ligne de tramway, se trouve le bâtiment « L’Avant-Scène », de 36 000 m2, qui s’est enfoncé de 16 cm dans le sol. Entre expertises de l’assureur, possibilité de renforcement ou éventuelle destruction et inertie politique, le chantier est à l’arrêt depuis plusieurs années et les acquéreurs ne sont toujours pas dédommagés. Encore à l’ouest, se trouve la gare Saint Augustin dont la construction a nécessité, elle aussi, des injections de ciment non prévues pour consolider les fondations.

L’ensemble du périmètre est situé dans la plaine du Var, dans une zone anciennement classée inondable et inconstructible. L’aménagement urbain de cette zone fait partie l’OIN Plaine du Var, projet dénoncé par de nombreuses associations, et aboutit à la bétonisation de zones naturelles et de terre fertiles, les anciennes cultures maraichères de Nice.

Le porté à connaissance du préfet Gonzales, en février 2023, reclasse une zone alors constructible en zone rouge inondable, englobant une partie de l’aéroport et la partie sud du quartier de l’Arénas. Le projet Vatel est positionné à la lisière de la zone rouge !

Si le projet Vatel du Grand Arénas peut, sur le papier, sembler séduisant, il se heurte au principe de précaution.

Éric Ciotti a déclaré à la presse vouloir accorder ce permis de construire alors qu’il avait lui-même dénoncé les erreurs commises pour l’Avant-Scène. Le maire de Nice peut-il garantir que le scénario catastrophe de l’Avant-Scène ne se reproduise pas avec le projet Vatel ?

Il y a deux ans, nous dénoncions la situation de l’Avant-Scène et « l’impasse de la bétonisation à outrance ».

Nous réitérons notre demande : "décréter un moratoire sur toute nouvelle construction dans la Plaine du Var tant que toute la transparence n’aura pas été faite sur chacun des projets en cours et que l’ensemble des risques n’auront pas été réévalués."

Nous demandons la suspension du projet Vatel au Grand Arénas tant que des garanties n’auront pas été rendues publiques face aux risques encourus.

La recherche de l’attractivité économique et le développement urbain doivent tenir compte des risques géologiques et du dérèglement climatique. Le principe de précaution doit être appliqué, à Nice comme ailleurs.

 

Nice, le 20 septembre 2025

Association Tous citoyens !


vendredi 18 septembre 2026

«La preuve par Nice»: dans le sud de la France, le laboratoire budgétaire de Marine Le Pen et de la droite dure

 Article du quotidien suisse "Le temps" du 18.09.2026

"Figure de la gauche et des écologistes à Nice, David Nakache demande « à quoi et à qui vont servir ces économies. (....) Éric Ciotti réduit la taxe foncière alors qu’il faut construire des logements sociaux. Il baisse la taxe sur les résidences secondaires alors qu’il faut favoriser les résidences principales. Il offre deux heures de parking gratuites au lieu de développer les mobilités douces (...) Il fait des cadeaux à ceux qui l’ont élu. » "