Non, Eric Ciotti, 3 603 fois non !
Comme souvent en montant au Château, je pose lentement la main, en silence, sur la pierre froide du mur des Déportés.
On me dit que c'est normal, puisqu'Eric Ciotti est maire, qu'il ait prononcé un discours pour Yom HaShoah, ce 14 avril 2026, sur la colline du Château, devant les 3 603 noms, gravés dans la pierre, des Niçoises et de Niçois juifs déportés dans les camps.
On me dit que c'est normal, que dimanche prochain, le 26 avril, Eric Ciotti prononce un discours lors de la cérémonie officielle de la "Journée du Souvenir des Victimes et Héros de la Déportation" qui, outre les déportés juifs, commémore également le souvenir des déportés homosexuels, tziganes, handicapés, opposants ou résistants.
Eric Ciotti a été élu démocratiquement maire et il fait et fera ces discours en tant que maire.
"C'est la démocratie David, il faut l'accepter".
Oui bien sûr, il faut "accepter".
Pourquoi alors, au fond de moi, cette sourde colère ?
Pourquoi alors, malgré les arguments exposés, m'est-il impossible "d'accepter" ?
Par quel retournement de l'Histoire en sommes-nous arrivés à ne pas être choqués de voir l'extrême droite commémorer la déportation ?
Par quelle amnésie collective sommes nous amenés à trouver "normal" qu'un Eric Ciotti, allié au RN, faisant élire des conseillers municipaux et métropolitains RN, puisse commémorer la Shoah et la déportation ?
Par quelle force d'inertie collective en sommes nous réduits à perdre notre capacité d'indignation ?
Le Rassemblement National, alors dénommé Front National, a été cofondé en 1972 par Jean Marie Le Pen et par des anciens SS et des anciens collaborateurs : Pierre Bousquet, ancien Waffen-SS, Léon Gaultier, ancien Waffen-SS et ancien membre de la division Charlemagne ou François Brigneau, ancien milicien pétainiste.
Jean Marie Le Pen a été condamné à plusieurs reprises, pour :
- Antisémitisme insidieux (1986),
- Provocation à la haine, la discrimination et la violence raciale (1987), incitation à la haine (contre les musulmans en 2005, contre les Roms en 2016)
- Contestation de crime contre l'humanité pour avoir affirmé puis réaffirmé que les chambres à gaz étaient un "détail de l'Histoire" (1990, 1997 et 2017)
- Injures publiques ("Durafour-crématoire" en 1991, propos homophobes en 2019).
- Etc.
En 2017 Marine Le Pen a refusé de reconnaître la responsabilité de la France dans la rafle du Vel d'Hiv.
En 2023, Jordan Bardella a nié l'antisémitisme de Jean Marie Le Pen.
En 2025, lors du décès de Jean Marie Le Pen, Eric Ciotti lui a rendu hommage et est allé à une messe en sa mémoire.
Que dire de plus ? Que faut-il écrire de plus ?
Que dire de plus ? Que faut-il écrire de plus ?
Comme souvent en montant au Château, je pose lentement la main, en silence, sur la pierre froide du mur des Déportés.
En leur mémoire je ne peux me résoudre à trouver cela "normal" et je ne peux me résoudre à "accepter".
Non Eric Ciotti, 3 603 fois non.
Nice, le 22 avril 2026
David Nakache
D'accord avec toi, David ! Oui oui, bien d'accord !
RépondreSupprimerMerci David. Pour cette lettre et pour tout votre travail politique, limpide et sincère.
RépondreSupprimerOui, David, tu fais bien de dénoncer l'hypocrisie et la mauvaise foi de M. Ciotti.
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