mercredi 7 octobre 2026

Faut-il révoquer Eric Ciotti ?


Faut-il révoquer Eric Ciotti ?


Éric Ciotti a demandé la révocation de Bally Bagayoko car il aurait, selon lui, encouragé les lycéens à la violence. 

Éric Ciotti soutient Jordan Bardella, qui a tenu des propos clairement antisémites.

Il a rendu hommage, après son décès, à Jean-Marie Le Pen, condamné pour antisémitisme et contestation de crime contre l'humanité.

Il fait alliance avec un parti fondé par d’anciens Waffen-SS et d'anciens miliciens pétainistes.

Il défend la thèse du retour au droit du sang, mise en œuvre sous Vichy.

Une question, désormais, se pose : faut-il révoquer Eric Ciotti ?


samedi 3 octobre 2026

Mobilisation lycéenne : une réponse policière disproportionnée

Les lycéennes et lycéens demandent de meilleures conditions d'éducation. L'Etat leur répond par une répression aveugle et totalement disproportionnée.

L'Etat brutalise notre jeunesse au lieu de répondre par le dialogue.

Cette répression violente va créer chez nos jeunes un sentiment d'injustice et une défiance durable vis à vis de nos institutions.

Cette politique de répression est irresponsable et inacceptable.

Interview BFM Nice Côte d'Azur le 30.09.2026



dimanche 20 septembre 2026

Principe de précaution : stop au projet Vatel à Nice Grand Arénas

 


Communiqué de presse :

Principe de précaution : stop au projet Vatel à Nice Grand Arénas

 

L’école internationale d’hôtellerie Vatel devrait très prochainement, selon la presse locale, obtenir son permis de construire au Grand Arenas à Nice, en complément d’un second site situé à Saint Laurent du Var. 800 étudiants y seront formés aux métiers de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme.

Le chantier Vatel du Grand Arénas devrait débuter en 2027 et être livré en septembre 2029. Le bâtiment, de 11 000 m2, devrait comprendre l’école d’hôtellerie elle-même et un projet immobilier de 710 logements.

Problème : le sol est instable. Le terrain est bordé, à l’est, par le tunnel de sortie de la voie rapide, dont la construction a nécessité l’injection non prévue de ciment pour éviter les infiltrations d’eau. A l’ouest, de l’autre côté de la ligne de tramway, se trouve le bâtiment « L’Avant-Scène », de 36 000 m2, qui s’est enfoncé de 16 cm dans le sol. Entre expertises de l’assureur, possibilité de renforcement ou éventuelle destruction et inertie politique, le chantier est à l’arrêt depuis plusieurs années et les acquéreurs ne sont toujours pas dédommagés. Encore à l’ouest, se trouve la gare Saint Augustin dont la construction a nécessité, elle aussi, des injections de ciment non prévues pour consolider les fondations.

L’ensemble du périmètre est situé dans la plaine du Var, dans une zone anciennement classée inondable et inconstructible. L’aménagement urbain de cette zone fait partie l’OIN Plaine du Var, projet dénoncé par de nombreuses associations, et aboutit à la bétonisation de zones naturelles et de terre fertiles, les anciennes cultures maraichères de Nice.

Le porté à connaissance du préfet Gonzales, en février 2023, reclasse une zone alors constructible en zone rouge inondable, englobant une partie de l’aéroport et la partie sud du quartier de l’Arénas. Le projet Vatel est positionné à la lisière de la zone rouge !

Si le projet Vatel du Grand Arénas peut, sur le papier, sembler séduisant, il se heurte au principe de précaution.

Éric Ciotti a déclaré à la presse vouloir accorder ce permis de construire alors qu’il avait lui-même dénoncé les erreurs commises pour l’Avant-Scène. Le maire de Nice peut-il garantir que le scénario catastrophe de l’Avant-Scène ne se reproduise pas avec le projet Vatel ?

Il y a deux ans, nous dénoncions la situation de l’Avant-Scène et « l’impasse de la bétonisation à outrance ».

Nous réitérons notre demande : "décréter un moratoire sur toute nouvelle construction dans la Plaine du Var tant que toute la transparence n’aura pas été faite sur chacun des projets en cours et que l’ensemble des risques n’auront pas été réévalués."

Nous demandons la suspension du projet Vatel au Grand Arénas tant que des garanties n’auront pas été rendues publiques face aux risques encourus.

La recherche de l’attractivité économique et le développement urbain doivent tenir compte des risques géologiques et du dérèglement climatique. Le principe de précaution doit être appliqué, à Nice comme ailleurs.

 

Nice, le 20 septembre 2025

Association Tous citoyens !


vendredi 18 septembre 2026

«La preuve par Nice»: dans le sud de la France, le laboratoire budgétaire de Marine Le Pen et de la droite dure

 Article du quotidien suisse "Le temps" du 18.09.2026

"Figure de la gauche et des écologistes à Nice, David Nakache demande « à quoi et à qui vont servir ces économies. (....) Éric Ciotti réduit la taxe foncière alors qu’il faut construire des logements sociaux. Il baisse la taxe sur les résidences secondaires alors qu’il faut favoriser les résidences principales. Il offre deux heures de parking gratuites au lieu de développer les mobilités douces (...) Il fait des cadeaux à ceux qui l’ont élu. » "


Nice Matin - "La mairie n'est pas une paroisse"

 Nice Matin 17.09.2026




mardi 1 septembre 2026

Vêtements religieux dans l’espace public : la réponse d’Aristide Briand


Vêtements religieux dans l'espace public : la réponse d'Aristide Briand


Marine Le Pen annonce vouloir interdire le port du voile dans l’espace public. Celles et ceux qui sont opposés à cette mesure lui répondent. Mais, en réalité, nous rejouons un débat qui a déjà eu lieu. Le 26 juin 1905, lors des débats parlementaires préalables au vote de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, le député Charles Chabert défend un amendement pour interdire le port de la soutane dans la rue. Aristide Briand lui répond et l’emporte, soutenu par Jean Jaurès.

Selon Chabert, le port de la soutane constituait un acte politique, un acte de prosélytisme permanent, contraire à la dignité humaine. La soutane représentait une « prison » et une aliénation pour celui qui la portait : « Il faut ôter la robe au prêtre pour libérer son cerveau ».  Ce sont les mêmes arguments que l'on retrouve aujourd'hui contre le voile.

Aristide Briand lui répond qu’une loi qui vise à instaurer un régime de liberté du point de vue confessionnel ne peut imposer la coupe d’un vêtement. Mais il ajoute un risque de détournement de la mesure :

« Mais la soutane une fois supprimée, M. Chabert peut être sûr que, si l’Eglise devait y trouver son intérêt, l’ingéniosité combinée des prêtres et des tailleurs aurait tôt fait de créer un vêtement nouveau, qui ne serait plus la soutane, mais se différencierait encore assez du veston et de la redingote pour permettre au passant de distinguer au premier coup d’œil un prêtre de tout autre citoyen. »

Ce qui doit primer, selon Briand, c’est le principe de liberté, et la laïcité anti-religieuse a été mise en minorité en 1905.

La République garantit l'égalité des citoyens devant la loi sans distinction d'origine, de race ou de religion et respecte toutes les croyances (article 1er de la Constitution). 

La laïcité rend possible la liberté de conscience, de croire ou de ne pas croire en Dieu. A ceux qui croient, elle garantit le libre exercice du culte.

Si les signes ostensibles sont interdits dans les établissements scolaires et si la Burqa, qui dissimule le visage et empêche l'identification, est interdite partout, le port de signes ostensibles dans l'espace public est autorisé par la loi. Se vêtir comme bon nous semble relève d'une liberté individuelle à laquelle il ne faut pas renoncer. 

Le RN, lorsqu’il parle de l’islamisation de notre société, confond volontairement islam, fondamentalisme et menace terroriste.

Refuser la police du vêtement et laisser les femmes se vêtir librement, c’est précisément combattre le fondamentalisme. Car ce sont les fondamentalistes qui cherchent à contrôler les vêtements et le corps des femmes.

Respecter les libertés individuelles ne veut pas dire être laxiste face au terrorisme. Cela veut dire préserver et défendre le modèle démocratique que le djihadisme combat, préserver et défendre les libertés que le djihadisme veut abolir, refuser de céder à la haine et au rejet de l’autre.

Il faut relire Briand et Jaurès. Si la laïcité ne réglemente pas les tenues vestimentaires ce n’est pas un oubli ou un manque, c’est un choix délibéré : il faut rendre possible et préserver les libertés individuelles au sein de l’espace public.

lundi 31 août 2026

Levée des couleurs : Eric Ciotti rappelé à l'ordre


Levée des couleurs : Eric Ciotti rappelé à l'ordre


Le ministre de l'éducation nationale a très justement recadré le maire de Nice : comme nous l'écrivions dès l'annonce d'Eric Ciotti, le contenu pédagogique, y compris concernant l'éducation civique, relève de l'éducation nationale. C'est qu'à très clairement rappelé Edouard Geffray.

Eric Ciotti, qui ne cesse de prôner l'ordre et le respect des règles, est rappelé à l'ordre et aux règles de fonctionnement de la décentralisation : le maire s'occupe des conditions matérielles d'enseignement en école primaire, le ministère décide du contenu pédagogique.

Le maire de Nice annonce maintenir le déploiement des mâts dans les écoles pour y faire lever le drapeau tricolore alors que le drapeau tricolore y est déjà présent. Il s'agit donc d'une dépense à l'évidence inutile. 

Eric Ciotti, qui a supprimé la distribution de fournitures scolaires pour des raisons budgétaires, semble en réalité plus attaché à son obsession nationaliste qu'au bien être des élèves et à la réduction de la dette de la Ville de Nice.

Nice, le 31.08.2026
David Nakache

samedi 29 août 2026

France 3 Côte d'Azur : "Le chauvinisme remplace la lutte contre les inégalités sociales"

 Article de France 3 Côte d'Azur du 29.08.2026

David Nakache, membre du collectif ViVA! publie un message sur les réseaux sociaux : "Eric Ciotti a supprimé la distribution de fournitures scolaires mais veut des levées de drapeau au son de la Marseillaise. Le message est clair : le chauvinisme remplace la lutte contre les inégalités sociales".

https://france3-regions.franceinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/alpes-maritimes/nice/le-chauvinisme-remplace-la-lutte-contre-les-inegalites-sociales-lever-de-drapeau-et-marseillaise-dans-les-ecoles-a-nice-les-annonces-d-eric-ciotti-divisent-3408140.html

vendredi 28 août 2026

Nice : le chauvinisme avant les fournitures scolaires

Eric Ciotti vient d'annoncer l'installation de mâts dans les cours d'école afin d'y hisser le drapeau tricolore et envisage des levées de drapeau accompagnées de la Marseillaise.

Une question se pose : qu’est-ce qui est le plus utile aux écoliers niçois, des fournitures scolaires ou un drapeau tricolore ?

Eric Ciotti a supprimé la distribution de fournitures scolaires mais veut des levées de drapeau au son de la Marseillaise. Le message est clair : le chauvinisme remplace la lutte contre les inégalités sociales.

Après avoir prôné le port obligatoire de l'uniforme à l'école, mesure qui coûtait bien plus cher que la distribution de fournitures scolaires, il passe au drapeau et à l'hymne national.

Rappelons au maire de Nice que son rôle est de garantir les meilleures conditions matérielles d'éducation possibles. Le contenu pédagogique, y compris concernant l'éducation civique, relève de l'éducation nationale.




mercredi 26 août 2026

Attaque frontale de Bryan Masson contre la Ligue des Droits de l'Homme

 Article de Nice Premium : 

"La réaction de la gauche et des associations ne s’est pas fait attendre. David Nakache, président de Tous citoyens !, reproche à Bryan Masson de s’en prendre à une association de défense des droits humains : « Non, Bryan Masson, un maire ne peut attaquer et dénigrer ainsi une association de défense des droits humains. Il doit respecter les associations et les citoyennes et citoyens qui s’y engagent. »"


https://www.nicepremium.fr/actualites/bryan-masson-sen-prend-a-la-ldh-apres-la-decision-sur-le-couvre-feu-des-mineurs/



mardi 18 août 2026

vendredi 14 août 2026

Libération : "A Nice, un collectif de gauche accuse Eric Ciotti de ne pas respecter la laïcité pour le 15 août"

 Article Libération du 13.08.2026 : 

Le maire appelle à participer, ce samedi, à une célébration publique de la fête de l’Assomption dans la ville. Une partie de l’opposition demande des clarifications, notamment sur son financement.


Eric Ciotti aurait-il la laïcité à géométrie variable ? Le nouveau maire de Nice est toujours prompt à la réclamer lorsqu’il s’agit des musulmans. Mais l’est-il aussi pour une fête catholique comme celle de l’Assomption, ce samedi 15 août ? C’est en tout cas ce que mettent en question une partie des opposants de gauche : dans un communiqué publié mercredi sur X, le collectif Viva ! Nice, qui avait présenté une liste aux élections municipales de 2020 (et obtenu 8,95 %), interroge la municipalité d’extrême droite sur l’organisation ce 15 août d’une célébration sur le port de Nice et l’implication directe de la municipalité dans l’organisation et la promotion de cette fête religieuse.

«Le 15 août prochain, Eric Ciotti […] invite officiellement les Niçoises et les Niçois à participer à la “fête de l’Assomption”, en présence d’un prêtre, au port de Nice. Le carton d’invitation est sans ambiguïté : il s’agit bien de la célébration d’une fête religieuse, organisée et promue par la collectivité» dénonce le collectif, qui considère que «l’invitation municipale dépasse largement le cadre d’un hommage au patrimoine local» et porte donc atteinte, selon eux, au principe de neutralité d’une collectivité vis-à-vis des religions. Sur son site Internet, la mairie de Nice présente l’événement comme une «fête traditionnelle», avec comme description : «Marie représente la Mère, à la fois protectrice et consolatrice.» On a vu plus neutre comme formulation…

Le précédent Estrosi

«Cette situation appelle une clarification sur la conception de la laïcité portée par la nouvelle municipalité, poursuit le communiqué du collectif de gauche. La loi de 1905 pose un principe clair : la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.» Viva ! Nice rappelle ainsi que «les collectivités territoriales ne peuvent notamment pas apporter une aide à l’exercice d’un culte». L’an dernier, le groupe dénonçait déjà le fait que le maire précédent, Christian Estrosi, appelait les Niçois à «célébrer la Vierge Marie». Au programme déjà : procession, bénédiction par un prêtre, présence des élus et messe en plein air.

«Viva ! demande donc à la ville de Nice de clarifier le statut exact de cette manifestation, les dépenses publiques qui lui sont consacrées et la nature des moyens municipaux mobilisés, réclame le collectif. La laïcité n’est pas l’effacement des religions : c’est la garantie de la liberté de conscience et de la neutralité de la puissance publique.» Interrogée par Libération, la mairie n’a pas répondu à nos questions.

https://www.liberation.fr/politique/a-nice-un-collectif-de-gauche-accuse-eric-ciotti-de-ne-pas-respecter-la-laicite-pour-le-15-aout-20260813_WSNUZJNYDNGSBOYVLZT4JD2QVM/

mercredi 29 juillet 2026

Hommage à Marika (Marie Catherine Gassin)

Très triste nouvelle, Marika nous a quittés.

Marika (Marie Catherine Gassin), infatigable bénévole, était de celles et ceux qui n’abandonnent jamais.

Elle œuvrait au quotidien, avec une vitalité et une énergie communicatives, pour un monde meilleur, une société plus juste, toujours plus d'entraide et toujours plus de solidarité.

Toutes mes pensées vont à sa famille (Bernard, Nadia, Gérard), à ses proches et à toutes celles et ceux qui ont œuvré à ses côtés.



dimanche 12 juillet 2026

Interview France 3 lors des 10 ans de l'attentat de la promenade des Anglais à Nice

Interview France 3 Côte d’Azur lors de la marche commémorative des 10 ans de l’attentat de Nice : la souffrance des victimes, les faits post attentat qui ont ajouté de la douleur à la douleur




samedi 11 juillet 2026

Hommage à Jeanne Thiémonge

J’apprends avec beaucoup de tristesse le décès de Jeanne Thiémonge.

Nous perdons une grande dame et une grande militante.

Toutes mes condoléances à sa famille et à ses proches.




jeudi 9 juillet 2026

14 juillet 2016 : commémorer ne suffit pas


14 juillet 2016 : commémorer ne suffit pas



Le 14 juillet 2026 nous allons commémorer les 10 ans de l’attentat de Nice du 14 juillet 2016.

Commémorer, c’est se souvenir ensemble, partager une mémoire commune qui nous lie et nous relie. Commémorer le terrible attentat du 14 juillet 2016 permet d’honorer les 86 victimes disparues et les très nombreux blessés, de reconnaitre les souffrances physiques et psychologiques des survivant-es, des familles et des proches. Commémorer permet de transmettre la mémoire du drame, de l’inscrire encore davantage dans notre histoire collective. Commémorer permet de réaffirmer nos valeurs démocratiques, le refus de la violence et du terrorisme.

Pourquoi, dans ces conditions, commémorer l’attentat de Nice devient-il chaque année de plus en plus difficile ?

A Nice, à la douleur de l’attentat s’est ajoutée une douleur liée à des faits post attentat. Et de ces faits est né un besoin grandissant de vérité. Les 10 ans de l’attentat de Nice sont en réalité 10 ans de silences coupables, 10 ans d’absence de transparence, 10 ans d’absence de courage, 10 ans d’absence de vérité.

14 juillet, défaite nationale

Nice a connu un double traumatisme : le drame du 14 juillet 2016 et l'indignité de l'après 14 juillet. Quelques heures à peine après le drame, des polémiques indécentes entre le maire de Nice de l’époque, Christian Estrosi, et le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bernard Cazeneuve, se déversaient dans les médias, chacun accusant l’autre pour ne pas porter la responsabilité de la faiblesse du dispositif policier. Après l’abject voyeurisme médiatique, l’écœurante panoplie de la démagogie et de la récupération politicienne s’est déployée à Nice sans la moindre retenue, sans le moindre respect pour les victimes.

Puis vint l'impossible minute de silence du 18 juillet 2016. Alors qu’après les attentats de 2015 à Paris l’unité et la dignité étaient visibles par tous, il a été impossible, à Nice, de respecter ne serait-ce qu’une simple minute de silence en hommage à nos morts : en plus des huées à l’attention des politiques, les invectives racistes et islamophobes ont fusé de part et d’autre de la Promenade des Anglais où près de 42 000 personnes s’étaient rassemblées.

Puis vint le déchainement islamophobe, les violentes polémiques d’août 2016 sur le burkini, l’amplification de l'hystérie collective autour de l’islam, exutoire cruel à notre impuissance collective à lutter contre le terrorisme.

Et, enfin, le premier hommage aux victimes en octobre 2016 fut un hommage privatisé sur la colline du Château, excluant les Niçoises et les Niçois appelés à suivre l’hommage… à la télévision.

Dispositif de sécurité

Les 10 années qui ont suivies l’attentat de Nice sont 10 années d’attente que la vérité soit faite, en vain. 10 longues années et tant de questions sans réponse concernant :

- Les nombreux repérages préalables du terroriste

- L’absence de blocs bétons ou de véhicule permettant d’empêcher le camion de passer sur le trottoir de la promenade des Anglais

- Le nombre réel d’effectifs de police,

- Les pressions exercées et les médailles remise à des policiers qui n’auraient pas été présents sur les lieux le soir du 14 juillet pour faire croire que les effectifs de police nationale étaient suffisants ce soir-là.

Lors des audiences du procès des complices de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, en octobre 2022, de nombreux éléments sont venus attester de l’insuffisance du dispositif de sécurité. Retenons, entre autres, l’absences d’unités mobiles, mobilisées pour accompagner un déplacement de François Hollande à Avignon et l’épuisement des forces de l’ordre par l’événementiel permanent avec la pose réglementaire de jours de récupération.

La tenue d'un second procès judiciaire sur les failles du système de sécurité et les responsabilités afférentes est indispensable. Ce deuxième procès est une nécessité pour les familles et proches des victimes mais elle l'est aussi pour l'ensemble des Niçoises et des Niçois, et bien au-delà.

La menace terroriste ne peut être écartée. Même si aucun dispositif de sécurité ne peut prétendre à 100 % empêcher un attentat, il faut tirer les enseignements de l'inefficacité du dispositif mis en place le 14 juillet 2016 à Nice. Et, plus encore que le dispositif lui-même, c'est la conception de notre politique sécuritaire qui est en jeu.

Prélèvements d’organes

Comble de l’abject, paroxysme de l’atroce : des prélèvements d’organes ont été effectués sur les corps de victimes sans le consentement des familles et sans même les en informer.

Si certains ont pu penser qu’il s’agissait de prélèvements effectués pour des dons d’organes, il n’en n’est rien.

En 2018, la mère d’une enfant de 12 ans tuée dans l’attentat découvre dans un procès-verbal de mise sous scellés que des organes ont été prélevés sur le corps de sa fille. Lors du procès d’octobre 2022, l’ancien directeur de l'institut médico-légal de Nice, Gérald Quatrehomme, a reconnu que des organes avaient été prélevés sur les corps de 14 victimes, dont 4 enfants. Lors de ce même procès l'ancien procureur antiterroriste François Molins a estimé que le choix fait par les médecins légistes de prélever l'entièreté des organes de certaines victimes "ne se justifiait pas" et relève d’une « forme d’excès de zèle ». La majorité des familles concernées n'a pas été informée de ces prélèvements et certaines l'ont appris à l'audience.

Au total, 173 organes auraient été prélevés, dont le bloc utérin d’une enfant de 6 ans. L'identification des organes a été rendue impossible en raison de l'état de conservation des organes dans le formol, qui, avec le temps a altéré les tissus. Des tests ADN ont dû être réalisés pour restituer les organes aux familles mais ils n’ont pas été concluants. Des organes ont été restitués aux familles sans que celles-ci aient la garantie qu’il s’agisse bien des organes de leurs proches.

Cette pratique choquante, aberrante, a-t-elle fait la « Une » de la presse nationale ? Les responsables ont-ils dû s’expliquer publiquement ? Y a-t-il eu une enquête judiciaire ? Y a-t-il eu, au moins, une enquête parlementaire ?

Rien, silence radio.

Ce que la France doit aux victimes

De nombreuses victimes et familles de victimes expriment dans la presse un sentiment partagé. Oui, commémorer est nécessaires et même indispensable. Pour autant elles ont souvent le sentiment de servir de faire-valoir à des personnalités politiques, d’être convoquées pour des séquences médiatiques d’émotions mais d’être tenues à distance de tout ce qui pourrait faire émerger la vérité.

Les victimes de l’attentat de Nice ont été plus que malmenées. Beaucoup ont le sentiment d’avoir été « triées », « classée » ou déclassées » face à la question des indemnisations.

Les victimes et familles de victimes musulmanes ou supposées l’être ont subi des invectives et une forme de « double peine », sous le coup d’une assignation identitaire les ramenant sans cesse à l’islam.

Les familles ayant assisté au procès à Paris, en 2022, ont dû faire l’avance des frais puis ont dû batailler pour être intégralement remboursées.

Et que dire des familles confrontées aux prélèvements d’organes abusifs, sans information, demande de consentement, ni accompagnement par la suite ?

On parle sans cesse de résilience, mais comment entrer dans un processus de résilience dans ces conditions et tant qu’autant de questions restent sans réponses ?

Les présidents, les gouvernements, les parlementaires et les maires sont garants de la continuité de l’action des pouvoirs publics.

Comment les gouvernements et les maires successifs osent ils commémorer chaque année l’attentat de Nice sans avoir fait toute la vérité sur le dispositif de sécurité du 14 juillet 2016 ?

Comment les gouvernements successifs osent ils commémorer chaque année l’attentat de Nice sans avoir fait toute la vérité sur les prélèvements abusifs d’organes et sans avoir présenté, au nom de la République française, des excuses solennelles aux familles ?

Que nous soyons victimes, familles de victimes ou simples citoyennes et simples citoyens, comment irons-nous commémorer l’attentat de Nice dans ces conditions, sans avoir aucune réponse à l’ensemble des questions posées ?


L’attentat du 14 juillet 2016 a été et reste pour notre ville une terrible épreuve et un immense traumatisme. De nombreuses personnes, qu'elles soient niçoises ou venues d’ailleurs, ont été frappées dans leur chair. Beaucoup en portent les stigmates, tant physiques que psychologiques. Leurs revendications sont légitimes et doivent devenir nos revendications, collectives et citoyennes.

 

Nice, le 9 juillet 2026

Association Tous citoyens !

samedi 13 juin 2026

Nice : tapis rouge à "la nouvelle internationale réactionnaire"


Nice : tapis rouge à "la nouvelle internationale réactionnaire"


A l'heure matinale où j'écris ces lignes, Narendra Modi, premier ministre suprémaciste indien, s'apprête à se faire servir son petit déjeuner dans une luxueuse suite de l'hôtel Negresco à Nice.

Cette visite interroge tant sur la politique étrangère de la France que sur celle de la Métropole Nice Côte d'Azur.

Les exactions commises en Inde :

En effet, la dégradation grave et continue des droits et des libertés fondamentales en Inde est documentée et attestée : pressions contre les opposants politiques, les écrivains et les journalistes, répressions contre les minorités religieuses, notamment musulmanes et notamment au Cachemire. A lire à ce sujet le communiqué de presse du rassemblement citoyen Viva du 29 mai 2026 : Nice ne doit pas devenir la vitrine d'un pouvoir qui opprime.

S’allier avec Narendra Modi revient à donner un blanc-seing au fondamentalisme et au suprémacisme hindou. 

Derrière cette visite, la promesse de partenariats économiques entre l'Inde et la France sur les nouvelles technologies et l'IA et, surtout, l'annonce d'une commande de 114 avions de chasse Rafale à Dassault aviation, pour 33 milliards d'euros.

Il faut être clair : l'argent et la recherche du profit ne doivent pas primer sur le respect des droits humains.

Emmanuel Macron avalise la nouvelle internationale réactionnaire :

Face à l’émergence de nombreux régimes autoritaires dans le monde, le sociologue Ugo Palheta a publié un essai sur la "nouvelle internationale fasciste". Emmanuel Macron, sans reprendre le terme de "fascisme", a dénoncé, en janvier 2025, l'émergence d'une nouvelle internationale "réactionnaire". Or il reçoit à Nice Narendra Modi et va recevoir très prochainement à Antibes Giorgia Meloni, ce qui revient à donner une accréditation morale à ces dirigeants et à leur idéologie. 

Emmanuel Macron, qui n'est plus à une contradiction près, avalise des dirigeants qui participent à la "nouvelle internationale réactionnaire" qu'il dénonçait il y a un an et demi à peine.

A Nice, quelle politique internationale ?

Nous pouvons craindre le pire quant à la politique internationale de la Métropole Nice Côte d'Azur sous l’égide d’Eric Ciotti :
  • Eric Ciotti a, jusqu’à l’invasion russe en Ukraine, défendu le renforcement d’une amitié franco-russe.
  • Il a remis en question la légitimité de la Cours pénale internationale dès qu'elle a lancé un mandat d’arrêt contre Benyamin Netanyahu.
  • Il est un fervent soutien de Donald Trump. Il a reçu à Nice Charles Kushner, le très trumpien ambassadeur des Etats-Unis et a indiqué vouloir l'inviter à nouveau le 4 juillet, date de l'indépendance des Etats-Unis.
  • Il reçoit ce dimanche le 1er ministre suprémaciste indien, Narendra Modi et fait flotter le drapeau indien sur le fronton de la Ville de Nice. Rappelons à ce sujet que le préfet des Alpes-Maritimes avait imposé à l'ancien maire de Nice, Christian Estrosi, le retrait des drapeaux israéliens du fronton de l'hôtel de Ville au nom du principe de neutralité des bâtiments publics.

Dans les années 1990, Jean Marie Le Pen, lançait le mot d'ordre : "Nationalistes de tous pays, unissez-vous". S'il n'existe pas d'organisation officielle internationale regroupant l'ensemble des dirigeants nationalistes suprémacistes, une entraide mutuelle existe de fait. L'extrême droite française participe régulièrement à des événements commun à l'invitation de mouvements néo fascistes européens ou américains.

Nice ne doit pas dérouler le tapis rouge aux représentants de régimes autoritaires. 

Nice ne doit pas devenir le lieu de légitimation des pires exactions et entraves aux Droits de l'Homme dans le monde.

vendredi 29 mai 2026

Nice, les deux visages de l'extrême droite


Nice, les deux visages de l'extrême droite


La progression de l'extrême droite dans les Alpes-Maritimes prend plusieurs visages, se développe et étend son emprise sous différentes formes et de différentes façons.

L'extrême droite institutionnelle de l'UDR et du RN présente des candidats aux élections. Après une phase de banalisation et de normalisation, elle accède progressivement au pouvoir. Aux dernières élections municipales elle a pris les villes de Cagnes-sur-Mer, Nice et Menton et, avec elles, la Métropole Nice Côte d'Azur et la Communauté d'Agglomérations de la Riviera Française. Cette extrême droite institutionalisée va transposer son discours radical et extrême en discours officiel et en politiques publiques locales.

L'extrême droite identitaire dite "radicale", elle, est composée de groupuscules nébuleux et violents. Elle occupe l'espace public, démultiplie les coups d'éclats et les démonstrations de force : devant le Monuments aux Morts, place Garibaldi en hommage à Quentin Deranque, devant la statue de Jeanne d'Arc, etc. Elle pose des croix dans l'arrière-pays, colle des stickers et des affiches reprenant l'iconographie fasciste et nazie. Les procédures judiciaires en cours diront si elle est liée aux agressions violentes commises dans le Vieux Nice et à Paris.

En réalité, il s'agit de deux visages d'une même idéologie, deux aspects d'un même mouvement politique. 

L'extrême droite institutionnelle et l'extrême droite radicale se renforcent mutuellement :

Lorsque des élus de l'extrême droite institutionnelle parlent à longueur d'antenne de "submersion" migratoire et assimilent insécurité et immigration, le chemin est tracé pour que l'extrême droite radicale propose la "remigration" comme solution à ces problèmes. 

Lorsqu'Eric Ciotti propose à l'assemblée nationale d'inscrire les racines chrétiennes de la France dans la constitution française, le chemin est tracé pour qu'un groupuscule comme "Ainsi soit-il" pose des croix dans l'arrière-pays.

Les propositions et actions de l'extrême droite radicale sont mieux acceptées qu'auparavant car l'extrême droite institutionnelle a préparé le terrain. Elle a posé des bases dans le débat public qui rendent les propos et les actions des groupuscules moins choquantes.

Inversement, plus l'extrême droite identitaire se radicalise encore davantage et devient violente et plus l'extrême droite institutionnelle se normalise et semble plus respectable.

La demande de dissolution du groupuscule "Aquila Popularis" par Eric Ciotti en est le parfait exemple : en se démarquant d'une extrême droite radicale avec qui il partage pourtant une parenté évidente, Eric Ciotti gagne en respectabilité et en responsabilité. 

Oui, il faut stopper les actions d'Aquila Popularis et nous avons posé, avec Jonathan Gensburger, la question de sa dissolution sans détour (Aquila Popularis : faut-il attendre le pire pour agir ?). 

Mais il ne faut pas être dupe de l'opposition factice entre Eric Ciotti et Aquila Popularis : plus l'extrême droite institutionnelle dénonce l'extrême droite radicale et plus elle se respectabilise.

Nous devons ainsi, toutes et tous, combattre l'extrême droite sans relâche, partout, et sous toutes ces formes.


Nice, le 29 mai 2026

David Nakache

mercredi 27 mai 2026

Nice : ne laissons pas la mémoire de la Résistance aux héritiers de Pétain !

 


Communiqué de l'association Tous citoyens 

Nice : ne laissons pas la mémoire de la Résistance aux héritiers de Pétain !


"Eric CIOTTI, Maire de Nice, Président de la Métropole Nice Cote d'Azur, et l'ensemble du Conseil municipal de la Ville de Nice vous prient de bien vouloir prendre part à la "Célébration de la 13ème journée nationale de la Résistance", Mercredi 27 mai à 18h30 dans les jardins de la Villa Thiole à Nice."

S'il est légal et réglementaire qu'un maire, même d'extrême droite, célèbre la journée nationale de la Résistance, cela n'est pas pour autant légitime. 

Eric Ciotti, allié au RN, a fait élire des membres du RN au conseil municipal. Ensemble, ils invitent à commémorer la Résistance.

Or qu'est-ce que le RN ? Un parti fondé en 1972 par Jean Marie Le Pen et par d'anciens SS et d'anciens collaborateurs : Pierre Bousquet, ancien Waffen-SS, Léon Gaultier, ancien Waffen-SS et ancien membre de la division Charlemagne ou François Brigneau, ancien milicien pétainiste.

Jean Marie Le Pen a été condamné à plusieurs reprises, pour antisémitisme (1986) ; provocation à la haine, la discrimination et la violence raciale (1987) ; incitation à la haine (contre les musulmans en 2005, contre les Roms en 2016) ; contestation de crime contre l'humanité pour avoir affirmé puis réaffirmé que les chambres à gaz étaient un "détail de l'Histoire" (1990, 1997 et 2017) ; injures publiques ("Durafour-crématoire" en 1991, propos homophobes en 2019). Etc.

En 2017 Marine Le Pen a refusé de reconnaître la responsabilité de la France dans la rafle du Vel d'Hiv.

En 2023, Jordan Bardella a nié l'antisémitisme de Jean Marie Le Pen.

En 2025, lors du décès de Jean Marie Le Pen, Eric Ciotti lui a rendu hommage et s'est rendu à une messe en sa mémoire.

Cette célébration, à Nice, de la Résistance par l'extrême droite est profondément choquante : c'est une insulte faite à tous les résistants et à la Résistance elle-même.

Ne laissons pas la mémoire de la Résistance aux héritiers de Pétain !


Nice, le 27 mai 2026
Association Tous citoyens

dimanche 3 mai 2026

Aquila Popularis : faut-il attendre le pire pour agir ?

 

Aquila Popularis : faut-il attendre le pire pour agir ?

Par Jonathan Gensburger et David Nakache

 

La ville de Nice a vu émerger et se structurer un groupe se réclamant d’une idéologie identitaire radicale : le collectif Aquila Popularis.

Créé fin 2022, Aquila popularis se revendique du nationalisme-révolutionnaire et compte dans ses rangs d’anciens membres du groupuscule néonazi « Zoulous Nice », lui-même issu de « Nice nationaliste », qui regroupait les militants identitaires les plus violents.

Depuis plusieurs mois, à Nice, Aquila Popularis démultiplie les démonstrations de force dans des mises en scènes soigneusement orchestrées reprenant l’imagerie des ligues d’extrême droite des années 30 et des mouvements fascistes (devant la basilique Notre Dame, au Monument aux Morts ou place Garibaldi).

Le groupuscule célèbre Jeanne d’Arc, Robert Brasillach (figure de l’Action française condamnée pour collaboration et antisémitisme) ou Albert Spaggiari (ancien membre de l’OAS). Le groupuscule colle des stickers portant des slogans tels que « un toit pour les nôtres, pas pour les autres », véhiculant une rhétorique d’exclusion et de rejet.

Aquila popularis n’hésite pas à proférer des menaces à peines voilées sur les réseaux sociaux à l’encontre de responsables politiques locaux.

A la suite des agressions ayant eu lieu dans le Vieux Nice le 13 décembre 2025 (agression raciste) et le 23 mars 2026 (agression contre des militants de gauche) deux individus ont été placés en garde à vue. Lors des perquisitions menées à leurs domiciles, les enquêteurs ont trouvé des éléments accablants : poing américain, matraque télescopique, baïonnette, équipements de combat, mais aussi autocollants et vêtements Aquila Popularis, croix celtiques, objets et insignes nazis. L’enquête devra établir la responsabilité ou non des personnes placées en garde à vue et déterminer le degré d’implication éventuelle du groupe identitaire dans ces agressions physiques.

L’ensemble de ce faisceau d’indices pousse à penser que nous sommes face à un groupe structuré, radicalisé, convoquant les heures les plus sombres de notre histoire dans son iconographie, manifestement dangereux et pouvant passer à l’acte.

Dès lors, des questions se posent : les activités d’Aquila Popularis font-elles l’objet d’une surveillance renforcée par les services du renseignement ? Pourquoi le préfet autorise-t-il des manifestations incitant à la haine et à la violence ? Faut-il attendre un drame pour que l’État réagisse ?

Nous posons ici, sans détour, la question de la dissolution d’Aquila popularis : l’article L212-1 du Code de la sécurité intérieure permet la dissolution de groupes qui provoquent à la haine, à la discrimination ou à la violence, ou qui participent à des agissements troublant gravement l’ordre public.

Nous appelons le préfet des Alpes-Maritimes et le ministre de l’Intérieur à la plus grande vigilance et à prendre, le cas échéant, les mesures nécessaires.



Nice le 3 mai 2026

Jonathan Gensburger et David Nakache

mercredi 22 avril 2026

Non, Eric Ciotti, 3 603 fois non !


Non, Eric Ciotti, 3 603 fois non !


Comme souvent en montant au Château, je pose lentement la main, en silence, sur la pierre froide du mur des Déportés.

On me dit que c'est normal, puisqu'Eric Ciotti est maire, qu'il ait prononcé un discours pour Yom HaShoah, ce 14 avril 2026, sur la colline du Château, devant les 3 603 noms, gravés dans la pierre, des Niçoises et de Niçois juifs déportés dans les camps.

On me dit que c'est normal, que dimanche prochain, le 26 avril, Eric Ciotti prononce un discours lors de la cérémonie officielle de la "Journée du Souvenir des Victimes et Héros de la Déportation" qui, outre les déportés juifs, commémore également le souvenir des déportés homosexuels, tziganes, handicapés, opposants ou résistants.

Eric Ciotti a été élu démocratiquement maire et il fait et fera ces discours en tant que maire.

"C'est la démocratie David, il faut l'accepter". 

Oui bien sûr, il faut "accepter".

Pourquoi alors, au fond de moi, cette sourde colère ? 

Pourquoi alors, malgré les arguments exposés, m'est-il impossible "d'accepter" ?

Par quel retournement de l'Histoire en sommes-nous arrivés à ne pas être choqués de voir l'extrême droite commémorer la déportation ?

Par quelle amnésie collective sommes nous amenés à trouver "normal" qu'un Eric Ciotti, allié au RN, faisant élire des conseillers municipaux et métropolitains RN, puisse commémorer la Shoah et la déportation ?

Par quelle force d'inertie collective en sommes nous réduits à perdre notre capacité d'indignation ? 

Le Rassemblement National, alors dénommé Front National, a été cofondé en 1972 par Jean Marie Le Pen et par des anciens SS et des anciens collaborateurs : Pierre Bousquet, ancien Waffen-SS, Léon Gaultier, ancien Waffen-SS et ancien membre de la division Charlemagne ou François Brigneau, ancien milicien pétainiste.

Jean Marie Le Pen a été condamné à plusieurs reprises, pour :
- Antisémitisme insidieux (1986), 
- Provocation à la haine, la discrimination et la violence raciale (1987), incitation à la haine (contre les musulmans en 2005, contre les Roms en 2016)
- Contestation de crime contre l'humanité pour avoir affirmé puis réaffirmé que les chambres à gaz étaient un "détail de l'Histoire" (1990, 1997 et 2017)
- Injures publiques ("Durafour-crématoire" en 1991, propos homophobes en 2019).
- Etc.

En 2017 Marine Le Pen a refusé de reconnaître la responsabilité de la France dans la rafle du Vel d'Hiv.

En 2023, Jordan Bardella a nié l'antisémitisme de Jean Marie Le Pen.

En 2025, lors du décès de Jean Marie Le Pen, Eric Ciotti lui a rendu hommage et est allé à une messe en sa mémoire.

Que dire de plus ? Que faut-il écrire de plus ?

Comme souvent en montant au Château, je pose lentement la main, en silence, sur la pierre froide du mur des Déportés.

En leur mémoire je ne peux me résoudre à trouver cela "normal" et je ne peux me résoudre à "accepter".

Non Eric Ciotti, 3 603 fois non.


Nice, le 22 avril 2026
David Nakache

vendredi 10 avril 2026

Soutien à Cédric Herrou et défense de la liberté d’expression


Communiqués de presse de l’association Tous citoyens !

Soutien à Cédric Herrou et défense de la liberté d’expression

 

Alexandra Masson, maire de Menton, à peine élue à la présidence de la Communauté d’Agglomérations de la Riviera Française, a proféré une attaque ad hominem violente à l’encontre du citoyen solidaire Cédric Herrou.

En effet, l’élue du Rassemblement National a déclaré : « C’est un homme extrêmement sectaire, dangereux (…). Je l’invite à quitter la vallée, et qu’il ne s’inquiète pas : les habitants de la Roya seront bien représentés par les maires des communes. Nous avons fort à faire, mais surtout sans lui ».

Non, Alexandra Masson, ce n’est pas à vous de décider qui réside ou ne réside pas dans la Vallée de la Roya.

Non, Alexandra Masson, les citoyennes et les citoyens ont le droit de s’opposer à l’extrême droite et de le dire haut et fort, cela s’appelle la liberté d’expression.

Cette déclaration d’Alexandra Masson est à la fois inquiétante et dangereuse :

- Inquiétante, car l’Histoire nous a appris que l’extrême droite commence toujours par s’en prendre à ses opposants politiques.

- Dangereuse, car Cedric Herrou a déjà reçu de nombreuses menaces de mort. Cette déclaration pourrait être interprétée par des groupuscules d’ultra-droite comme une consigne pour faire pousser à quitter la vallée.

L’association Tous citoyens réaffirme son soutien plein et entier à Cédric Herrou et aux compagnons d’Emmaüs Roya.

Nous appelons Alexandra Masson à respecter la liberté d’expression et nous appelons l’ensemble des citoyennes et des citoyens à rester vigilants face aux attaques de l’extrême droite.



Nice, le 10 avril 2026

Association Tous citoyens ! 

lundi 6 avril 2026

Nice et Cagnes-sur-Mer sous « surveillance citoyenne »

 


Communiqué de presse du rassemblement citoyen Viva

Nice et Cagnes-sur-Mer sous « surveillance citoyenne »

 

Bruno Retailleau, président du parti « Les Républicains » a déclaré vouloir mettre les élus municipaux de la France Insoumise « sous surveillance » grâce à un « observatoire des municipalités LFI », créé pour « ne rien laisser passer ». Cette stratégie vise à faire de la gauche radicale le principal « ennemi de la République », atténuant volontairement, par incidence, le danger que représente l’extrême droite.

Les Alpes-Maritimes ont vu, lors des élections municipales de mars 2026, les villes de Nice, Cagnes-sur-Mer et Menton tomber sous l’emprise de l’extrême droite. Le maire de Nice, sitôt élu, s’est mis en scène en postant sur les réseaux sociaux les photos d’une opération de traque des SDF qui dormaient près de la voie rapide. Le maire de Cagnes-sur-Mer a tenu des propos stigmatisants en s’opposant à la ligne 4 de tramway de peur de faciliter la venue dans sa ville des Niçoises et des Niçois résidant dans le quartier des Moulins.

Par ailleurs, l’arrivée de partis d’extrême droite au pouvoir a pour conséquence directe d’exacerber les velléités de groupuscules d’ultra droite et des agressions ont eu lieu, dans le Vieux Nice et sur le Bd Jean Jaurès, 24h à peine après l’élection d’Éric Ciotti.

Le rassemblement citoyen Viva annonce mettre sous « surveillance citoyenne » la gestion de la Ville de Nice par Éric Ciotti, la gestion de la Ville de Cagnes-sur-Mer par Bryan Masson, leur gestion commune de la Métropole Nice Côte d’Azur ainsi que les agissement des groupuscules d’ultra droite : nous dénoncerons chaque atteinte aux droits des personnes, chaque entrave aux droits des associations et de l’ensemble des acteurs et actrices de la société civile, chaque entreprise de destruction du vivant et de la biodiversité, chaque agression raciste, atteinte à l’intégrité physique et morale des personnes.  

 

Nice, le 6 avril 2026

Le rassemblement citoyen Viva !



samedi 4 avril 2026

Protection fonctionnelle : Christian Estrosi débouté


Protection fonctionnelle : Christian Estrosi débouté


Lors des nombreuses procédures - baillons qu'il avait engagées contre des opposants politiques ou des journalistes, Christian Estrosi a bénéficié de la protection fonctionnelle et a donc fait payer ses frais de justices par les contribuables niçois. J'ai dénoncé ce mésusage de la protection fonctionnelle à de nombreuses reprises. Jean Christophe Picard, conseiller municipal écologiste, a saisi le préfet des Alpes-Maritimes et Philippe Vardon, conseiller municipal d'extrême droite, a saisi le tribunal administratif.

La cour administrative d'appel de Marseille a débouté la Ville de Nice le 3 février 2026 dans deux de ces affaires : celle engagée contre le journaliste d'investigation David Thomson et celle engagée à mon encontre à propos de la dénonciation du phénomène de corruption à Nice.

Pour mémoire, Christian Estrosi a engagé deux procédures à mon encontre pour me faire taire, procédures qu'il a toutes deux perdues.  

Cette décision est définitive car Eric Ciotti, nouveau maire de Nice, a fait savoir à la presse qu'il ne la contestera pas.

Cet arrêt d'appel amène plusieurs remarques :

1. Une victoire pour le bon usage de la protection fonctionnelle :

La protection fonctionnelle est une disposition légale utile et souvent indispensable qui sert à protéger les agents publics et les élus contre les attaques ou les mises en causes pénales dont ils peuvent être l'objet dans le cadre de l'exercice de leurs fonctions ou de leurs mandats. Cette protection ne doit pas être dévoyée et détournée de son objet. Or ici il ne s'agit pas d'un élu attaqué dans l’exercice de ses fonctions mais d'un élu qui engage lui-même des batailles judiciaires à des fins personnelles.

2. Une victoire pour le bon usage des fonds publics :

Ce n'est pas au contribuable de payer à la place de Christian Estrosi, qui va devoir payer lui-même ses frais de justice dans ces deux affaires, comme tout justiciable. Cette décision fera jurisprudence et pourra être utilisée pour contrer, à l'avenir, des tentatives abusives de détournement de la protection fonctionnelle. Elle contribue au bon usage des fonds publics.

3. Une victoire pour la liberté d'expression :

Les procédures baillons sont un danger pour la démocratie car elles servent à exercer des pressions contre les opposants politiques, la presse ou les lanceurs d'alerte. Le fait que les frais de justice de ces procédures baillons, lorsqu'elles sont lancées par des maires, ne soient pas systématiquement couverts par la protection fonctionnelle va freiner ces procédures.

4. Une décision incomplète :

Le bénéfice de la protection fonctionnelle par Christian Estrosi a été annulé dans l'affaire qu'il a engagée à mon encontre pour diffamation lorsque j'ai déclaré qu'il fallait en finir avec la corruption à Nice. Mais elle aurait également pu être annulée dans la seconde affaire qu'il a engagée à mon encontre, pour injure publique, lorsque j'ai déclaré que Nice avait un maire xénophobe. En effet, j'ai été relaxé de cette accusation en première instance et en appel et Christian Estrosi n'est pas allé au bout de sa procédure en cassation. Je précise que, contrairement à ce qui est relaté dans plusieurs articles, je n'ai pas déclaré que Christian Estrosi était un maire "raciste". J'ai uniquement utilisé le terme "xénophobe", qui désigne l'hostilité vis-à-vis des étrangers.

5. Une publication trop tardive :

On ne peut que regretter le choix de la cour d'appel de Marseille de ne rendre publique la décision rendue le 3 février que fin mars, une fois les élections municipales passées. Les électrices et les électeurs ont été privé, avant de voter, d'une information importante concernant le mauvais usage des fonds publics par Christian Estrosi. 



L'article de blog de Jean Christophe Picard : 

Christian Estrosi devra payer lui-même deux procédures-bâillons

lundi 30 mars 2026

Nice, la traque des pauvres reprend


 Communiqué de presse de l'association Tous citoyens

Nice, la traque des pauvres reprend 


Christian Estrosi avait organisé la traque des SDF à Nice : démantèlement de camps de migrants, arrêtés anti-mendicité, éloignement des maraudes alimentaires du centre ville, suppression de fontaines et de bancs publics, éloignement des centres de soins contre la toxicomanie, fermeture d'une rue pour chasser des personnes sous addiction, etc.

A peine élu maire de Nice, Eric Ciotti fait de même. Il publie fièrement sur ses réseaux sociaux une photo de lui entouré de policiers allant chasser une personne sans domicile qui essayait de survivre, sous une tente, en bordure de la voie rapide. 


Il écrit, pour justifier son action : "Tolérance zéro pour ceux qui occupent illégalement l'espace public"

Tolérance zéro contre les pauvres ou contre la pauvreté ?

Où est la démonstration de force lorsque l'on s'en prend aux plus vulnérables ? 

Quelle solution d'hébergement et quel accompagnement social ont été proposés à cette personne ?

Une personne sur cinq vit sous le seuil de pauvreté à Nice. De plus en plus de personnes survivent sans domicile stable. Ce dont nous avons besoin, c'est d'une véritable politique sociale.

Il faut aider les personnes à sortir de la misère, lutter contre la pauvreté et non traquer les personnes pauvres.


Nice, le 31 mars 2026

Association Tous citoyens !

"Comité d'accueil anti-Ciotti devant la mairie"

 Article Nice Matin du 28.03.2026