
"Le crépuscule de l'Homo Oeconomicus", publié en France en novembre 2012, est un dialogue vivant et décapant, auquel se livrent sous nos yeux un mathématicien canadien, professeur à Oxford, en Angleterre, et un économiste tchèque, ancien conseiller de Vaclav Havel.
Une grande convergence de pensée amène nos deux protagonistes à développer une analyse commune de la crise économique que nous pouvons synthétiser autour de quelques idées fortes :
- Malgré les crises successives, il n'y a pas eu de refonte des idées économiques ni des modèles mathématiques utilisés.
- La domination de la finance sur l'économie réelle est un facteur aggravant de la crise.
- Nous attribuons une valeur (quasi) religieuse aux chiffres et indicateurs économiques quand bien même nous savons qu'ils ne reflètent pas la réalité (ex : PIB). Nous entretenons ainsi l'illusion que tout est quantifiable et mesurable.
- Nous appliquons abusivement des modèles mathématiques à l'économie et ces modèles se sont avérés incapables de prédire les propriétés émergentes à l'origine de la crise. Or l'utilisation de modèles mathématiques inappropriés, alors précisément que nous les savions inappropriés, a contribué à renforcer une illusion de stabilité et de sécurité du système. Pourtant, dans un monde en perpétuel devenir, la stabilité économique est un leurre.
- Nous devons modifier notre foi en une croissance omnipotente et omniprésente.
- La raison véritable de l'utilisation persistante de modèles inadéquats dans un système économique défaillant en occultant toute remise en question véritable n'est autre que la recherche et la conservation du pouvoir.