Hommage à Pengo Bossio Wangi et à
toutes les victimes du racisme
Introduction Tous citoyens – David
Nakache
Nice, le 30.10.2026
Bonsoir et merci à toutes et tous
pour votre présence et votre participation.
Nous sommes réunis ce soir pour
rendre un hommage citoyen à Pengo Bossio Wangi, jeune homme de 26
ans, tué lors de l’attentat raciste et islamophobe de Trappes et de la
Verrière, le 23 octobre 2026.
Nous sommes réunis en solidarité
avec les 5 autres victimes blessées lors de cet attentat, et avec des personnes
traumatisées qui se sont trouvées, elles aussi, au milieu des tirs en rafale.
Nous sommes réunis, ensemble, en
hommage et en solidarité avec toutes les victimes de racisme et
d’islamophobie.
Le meurtrier, Kevin T. a reconnu
avoir prémédité son acte et n’éprouver aucun regret.
Oui, aujourd’hui, en 2026, en
France, le racisme tue encore. Mais cet attentat raciste et islamophobe ne
vient pas de nulle part.
·
Le matraquage politique et médiatique sur les
pillages du 17 octobre, assimilant quasi systématiquement les casseurs à des
personnes racisées, a laissé des traces.
Conséquence : le
meurtrier, Kevin T., a déclaré vouloir venger les commerçants pillés le 17
octobre.
·
Le matraquage politique et médiatique accusant
les étrangers de tous les maux, liant systématiquement délinquance et
immigration, banalisant et généralisant le racisme, a laissé des traces.
Conséquence : le
meurtrier, Kevin T., a déclaré avoir visé des personnes de type
« musulmans, africains ou nord-africains ».
·
Le matraquage politique et médiatique, depuis 10
ans, stigmatisant la ville de Trappes, accusée de séparatisme, a laissé des
traces. On a créé une polémique, en 2018, sur des cafés prétendument interdits
aux femmes. Puis en 2021, on a présenté Trappes comme une ville islamisée.
Jordan Bardella, a alors déclaré que Trappes est une « République
islamique miniature ».
Conséquence : le meurtrier, Kevin T., a déclaré avoir tué à
Trappes car c’est, selon lui, un « repaire d’islamistes ».
Oui, les mots sont des actes. Le
matraquage politique et médiatique libérant la parole raciste a des
conséquences et engendre la violence.
Le racisme tue. La banalisation
et la généralisation de la parole raciste tuent.
Au-delà de la responsabilité
pénale du meurtrier, il ne faut pas oublier la responsabilité morale et
politique de ceux qui tiennent des discours racistes et de ceux qui les
diffusent.
·
Le Rassemblement National et ses alliés
progressent. Leur présence sur les plateaux télé, à l’Assemblée nationale, au
Sénat ou à la tête de villes et de métropoles est banalisée. Éric Zemmour,
plusieurs fois condamné pour incitation à la haine raciale, continue de pérorer
sur les plateaux télé. Cette normalisation de l’extrême droite en France laisse
des traces.
Conséquence : le
meurtrier, Kevin T., avait confectionné des autocollants d’extrême droite
mentionnant le Rassemblement National : « Vive la France, RN, fier
d’être français ». Il avait, chez lui, un exemplaire de Mein Kampf.
Cet attentat raciste n’est malheureusement
pas un fait isolé :
·
Cet attentat raciste s’inscrit dans une longue
série de violences racistes. Evoquons la mémoire de Djellali Ben Ali en 1971, Ibrahim
Ali et Brahim Bouarram en 1995, Zied et Bouna en 2005, Aboubakar Cissé en 2025
et malheureusement tant d’autres.
·
Cet attentat islamophobe s’inscrit également
dans une série d’attentats suprémacistes blancs commis à proximité ou visant
des mosquées, par des terroristes faisant explicitement référence à l’idéologie
raciste ou nazie : en 2017 au Canada et au Royaume-Uni, en 2019 à
Christchurch en Nouvelle Zélande, en 2020 en Allemagne… Et là aussi, la liste
est malheureusement longue.
Nous sommes réunis ce soir,
ensemble, à l’appel de 37 associations, collectifs, syndicats, et partis
politiques, pour honorer les victimes, exprimer notre solidarité avec leurs
proches et refuser que leur mémoire soit oubliée.
Nous dénonçons la banalisation et la
généralisation du racisme. Nous refusons une société où l'on s'habitue au
racisme, où l'on s'habitue à la haine, où l'on finit par s'habituer à
l'inacceptable.
Un crime raciste n'est pas un fait
divers : c'est une attaque contre notre humanité commune.
Face au racisme, notre réponse doit
être l'égalité de toutes et tous et la solidarité. Et face à la haine et la
violence, notre réponse doit être une mobilisation collective, déterminée et
sans relâche.
Nous allons désormais procéder à un
dépôt de gerbe et à une minute de silence en hommage à Pengo Bossio Wangi
et à toutes les victimes du racisme, puis plusieurs partenaires prendront la
parole.

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