vendredi 23 octobre 2026

Les droites et extrêmes droites en plein orgasme sécuritaire


Les droites et extrêmes droites en plein orgasme sécuritaire


Il y a quelque chose de malsain à voir ces élu-es de droite et d’extrême droite se complaire dans leurs logorrhées sécuritaires.

Regardez-les demander des « peines exemplaires », d’une « très grande sévérité ». Scrutez leur visage lorsqu’ils et elles incarnent celui ou celle qui veut « rétablir l’ordre » face au risque de « guerre civile ». Analysez leurs expressions lorsqu’ils et elles veulent imposer des « couvre-feux », demander « l’état d’urgence », « dissoudre » La France Insoumise, exiger l’envoi de l'armée…

A chaque nouvelle saillie sécuritaire quelque chose d’indicible mais de clairement perceptible se passe : on dirait qu’ils et elles prennent du plaisir, sous leurs visages fermés et leurs regards sévères, à aller toujours plus loin. Porter une parole sécuritaire et attenter aux libertés individuelles et collectives semble tellement jouissif qu’ils et elles ne savent plus s’arrêter.

Emmanuel Macron, spectre présidentiel, se sent ressusciter en incarnant à nouveau celui qui décide en dernier ressort, s’octroie le droit de trier les revendications légitimes ou illégitimes. Il semble frémir de bonheur sous son costume sombre.

Marine Le Pen voit dans cette aubaine sécuritaire une rédemption inespérée. Celle qui a été condamnée pour avoir détourné plus de 4 millions d’euros peut condamner à loisir ceux qui vont l’être pour une paire de baskets.

Bruno Retailleau, candidat en sursis, se sent pousser des ailes et se délecte à accuser la gauche de tous les maux.

David Lisnard, lui, porté par ce climat sécuritaire, a libéré son inconscient colonialiste en répondant, interrogé sur les meurtres commis par la police française le 17 octobre 1961 en jetant dans la Seine des manifestants algériens, « Je m’en fous Madame, j’en ai rien à foutre, j’en ai rien à cirer, j’étais pas né... »

Eric Ciotti sort l’artillerie lourde et se vautre dans l'excès. Il voit dans les actes de vandalisme du 17 octobre un « fascisme rouge », une « intifada française », une « forme d’insurrection où se rejoignent les islamistes, les antifas, les casseurs, les pilleurs téléguidés par l’ultra gauche à visée terroriste ». On imagine combien prononcer de telles énormités a dû lui faire du bien.

Nous pourrions allonger la liste et sourire à voir ces apprentis dictateurs exulter de plaisir à pouvoir enfin déverser leur délire sécuritaire sans aucun tabou. Mais la réalité est là. Le droit de manifester est attaqué. L’Etat de droit faiblit et met un genou à terre. La pulsion de l’orgasme sécuritaire des leaders de droite et d'extrême droite agresse notre démocratie.


9 commentaires:

  1. Tellement vrai, merci David

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  2. Je n'en reviens pas de cette bêtise des esprits qui avance à grands pas

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  3. La France en pleine décadence fasciste...c'est maintenant!

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  4. Notre riposte tous ensemble en greve et en manif le 5 que ce soit immense et soutien aux manifs du 24 aux lycéens, aux étudiants, aux gilets jaunes, à toutes et tous ceux qui se battent pour vivre

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  5. Oui, très juste. Merci pour ce papier. Ciotti, Lisnard, Retailleau, Knafo, Le Pen, Bardella et consorts sont des hyènes, assoifées de division et de haine. Nous devons collectivement résister à ces malfaisants. En complément : https://blogs.mediapart.fr/collectif-citoyen-06/blog/201026/de-la-violence-linterdiction-la-figure-de-lennemi-interieur

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  6. Bravo, vous exprimez très bien ce que nous ressentons..

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  7. Au fait ! A qui profite le crime ? Qui allume la mèche ?

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