dimanche 3 mai 2026

Aquila Popularis : faut-il attendre le pire pour agir ?

 

Aquila Popularis : faut-il attendre le pire pour agir ?

Par Jonathan Gensburger et David Nakache

 

La ville de Nice a vu émerger et se structurer un groupe se réclamant d’une idéologie identitaire radicale : le collectif Aquila Popularis.

Créé fin 2022, Aquila popularis se revendique du nationalisme-révolutionnaire et compte dans ses rangs d’anciens membres du groupuscule néonazi « Zoulous Nice », lui-même issu de « Nice nationaliste », qui regroupait les militants identitaires les plus violents.

Depuis plusieurs mois, à Nice, Aquila Popularis démultiplie les démonstrations de force dans des mises en scènes soigneusement orchestrées reprenant l’imagerie des ligues d’extrême droite des années 30 et des mouvements fascistes (devant la basilique Notre Dame, au Monument aux Morts ou place Garibaldi).

Le groupuscule célèbre Jeanne d’Arc, Robert Brasillach (figure de l’Action française condamnée pour collaboration et antisémitisme) ou Albert Spaggiari (ancien membre de l’OAS). Le groupuscule colle des stickers portant des slogans tels que « un toit pour les nôtres, pas pour les autres », véhiculant une rhétorique d’exclusion et de rejet.

Aquila popularis n’hésite pas à proférer des menaces à peines voilées sur les réseaux sociaux à l’encontre de responsables politiques locaux.

A la suite des agressions ayant eu lieu dans le Vieux Nice le 13 décembre 2025 (agression raciste) et le 23 mars 2026 (agression contre des militants de gauche) deux individus ont été placés en garde à vue. Lors des perquisitions menées à leurs domiciles, les enquêteurs ont trouvé des éléments accablants : poing américain, matraque télescopique, baïonnette, équipements de combat, mais aussi autocollants et vêtements Aquila Popularis, croix celtiques, objets et insignes nazis. L’enquête devra établir la responsabilité ou non des personnes placées en garde à vue et déterminer le degré d’implication éventuelle du groupe identitaire dans ces agressions physiques.

L’ensemble de ce faisceau d’indices pousse à penser que nous sommes face à un groupe structuré, radicalisé, convoquant les heures les plus sombres de notre histoire dans son iconographie, manifestement dangereux et pouvant passer à l’acte.

Dès lors, des questions se posent : les activités d’Aquila Popularis font-elles l’objet d’une surveillance renforcée par les services du renseignement ? Pourquoi le préfet autorise-t-il des manifestations incitant à la haine et à la violence ? Faut-il attendre un drame pour que l’État réagisse ?

Nous posons ici, sans détour, la question de la dissolution d’Aquila popularis : l’article L212-1 du Code de la sécurité intérieure permet la dissolution de groupes qui provoquent à la haine, à la discrimination ou à la violence, ou qui participent à des agissements troublant gravement l’ordre public.

Nous appelons le préfet des Alpes-Maritimes et le ministre de l’Intérieur à la plus grande vigilance et à prendre, le cas échéant, les mesures nécessaires.



Nice le 3 mai 2026

Jonathan Gensburger et David Nakache

mercredi 22 avril 2026

Non, Eric Ciotti, 3 603 fois non !


Non, Eric Ciotti, 3 603 fois non !


Comme souvent en montant au Château, je pose lentement la main, en silence, sur la pierre froide du mur des Déportés.

On me dit que c'est normal, puisqu'Eric Ciotti est maire, qu'il ait prononcé un discours pour Yom HaShoah, ce 14 avril 2026, sur la colline du Château, devant les 3 603 noms, gravés dans la pierre, des Niçoises et de Niçois juifs déportés dans les camps.

On me dit que c'est normal, que dimanche prochain, le 26 avril, Eric Ciotti prononce un discours lors de la cérémonie officielle de la "Journée du Souvenir des Victimes et Héros de la Déportation" qui, outre les déportés juifs, commémore également le souvenir des déportés homosexuels, tziganes, handicapés, opposants ou résistants.

Eric Ciotti a été élu démocratiquement maire et il fait et fera ces discours en tant que maire.

"C'est la démocratie David, il faut l'accepter". 

Oui bien sûr, il faut "accepter".

Pourquoi alors, au fond de moi, cette sourde colère ? 

Pourquoi alors, malgré les arguments exposés, m'est-il impossible "d'accepter" ?

Par quel retournement de l'Histoire en sommes-nous arrivés à ne pas être choqués de voir l'extrême droite commémorer la déportation ?

Par quelle amnésie collective sommes nous amenés à trouver "normal" qu'un Eric Ciotti, allié au RN, faisant élire des conseillers municipaux et métropolitains RN, puisse commémorer la Shoah et la déportation ?

Par quelle force d'inertie collective en sommes nous réduits à perdre notre capacité d'indignation ? 

Le Rassemblement National, alors dénommé Front National, a été cofondé en 1972 par Jean Marie Le Pen et par des anciens SS et des anciens collaborateurs : Pierre Bousquet, ancien Waffen-SS, Léon Gaultier, ancien Waffen-SS et ancien membre de la division Charlemagne ou François Brigneau, ancien milicien pétainiste.

Jean Marie Le Pen a été condamné à plusieurs reprises, pour :
- Antisémitisme insidieux (1986), 
- Provocation à la haine, la discrimination et la violence raciale (1987), incitation à la haine (contre les musulmans en 2005, contre les Roms en 2016)
- Contestation de crime contre l'humanité pour avoir affirmé puis réaffirmé que les chambres à gaz étaient un "détail de l'Histoire" (1990, 1997 et 2017)
- Injures publiques ("Durafour-crématoire" en 1991, propos homophobes en 2019).
- Etc.

En 2017 Marine Le Pen a refusé de reconnaître la responsabilité de la France dans la rafle du Vel d'Hiv.

En 2023, Jordan Bardella a nié l'antisémitisme de Jean Marie Le Pen.

En 2025, lors du décès de Jean Marie Le Pen, Eric Ciotti lui a rendu hommage et est allé à une messe en sa mémoire.

Que dire de plus ? Que faut-il écrire de plus ?

Comme souvent en montant au Château, je pose lentement la main, en silence, sur la pierre froide du mur des Déportés.

En leur mémoire je ne peux me résoudre à trouver cela "normal" et je ne peux me résoudre à "accepter".

Non Eric Ciotti, 3 603 fois non.


Nice, le 22 avril 2026
David Nakache

vendredi 10 avril 2026

Soutien à Cédric Herrou et défense de la liberté d’expression


Communiqués de presse de l’association Tous citoyens !

Soutien à Cédric Herrou et défense de la liberté d’expression

 

Alexandra Masson, maire de Menton, à peine élue à la présidence de la Communauté d’Agglomérations de la Riviera Française, a proféré une attaque ad hominem violente à l’encontre du citoyen solidaire Cédric Herrou.

En effet, l’élue du Rassemblement National a déclaré : « C’est un homme extrêmement sectaire, dangereux (…). Je l’invite à quitter la vallée, et qu’il ne s’inquiète pas : les habitants de la Roya seront bien représentés par les maires des communes. Nous avons fort à faire, mais surtout sans lui ».

Non, Alexandra Masson, ce n’est pas à vous de décider qui réside ou ne réside pas dans la Vallée de la Roya.

Non, Alexandra Masson, les citoyennes et les citoyens ont le droit de s’opposer à l’extrême droite et de le dire haut et fort, cela s’appelle la liberté d’expression.

Cette déclaration d’Alexandra Masson est à la fois inquiétante et dangereuse :

- Inquiétante, car l’Histoire nous a appris que l’extrême droite commence toujours par s’en prendre à ses opposants politiques.

- Dangereuse, car Cedric Herrou a déjà reçu de nombreuses menaces de mort. Cette déclaration pourrait être interprétée par des groupuscules d’ultra-droite comme une consigne pour faire pousser à quitter la vallée.

L’association Tous citoyens réaffirme son soutien plein et entier à Cédric Herrou et aux compagnons d’Emmaüs Roya.

Nous appelons Alexandra Masson à respecter la liberté d’expression et nous appelons l’ensemble des citoyennes et des citoyens à rester vigilants face aux attaques de l’extrême droite.



Nice, le 10 avril 2026

Association Tous citoyens ! 

lundi 6 avril 2026

Nice et Cagnes-sur-Mer sous « surveillance citoyenne »

 


Communiqué de presse du rassemblement citoyen Viva

Nice et Cagnes-sur-Mer sous « surveillance citoyenne »

 

Bruno Retailleau, président du parti « Les Républicains » a déclaré vouloir mettre les élus municipaux de la France Insoumise « sous surveillance » grâce à un « observatoire des municipalités LFI », créé pour « ne rien laisser passer ». Cette stratégie vise à faire de la gauche radicale le principal « ennemi de la République », atténuant volontairement, par incidence, le danger que représente l’extrême droite.

Les Alpes-Maritimes ont vu, lors des élections municipales de mars 2026, les villes de Nice, Cagnes-sur-Mer et Menton tomber sous l’emprise de l’extrême droite. Le maire de Nice, sitôt élu, s’est mis en scène en postant sur les réseaux sociaux les photos d’une opération de traque des SDF qui dormaient près de la voie rapide. Le maire de Cagnes-sur-Mer a tenu des propos stigmatisants en s’opposant à la ligne 4 de tramway de peur de faciliter la venue dans sa ville des Niçoises et des Niçois résidant dans le quartier des Moulins.

Par ailleurs, l’arrivée de partis d’extrême droite au pouvoir a pour conséquence directe d’exacerber les velléités de groupuscules d’ultra droite et des agressions ont eu lieu, dans le Vieux Nice et sur le Bd Jean Jaurès, 24h à peine après l’élection d’Éric Ciotti.

Le rassemblement citoyen Viva annonce mettre sous « surveillance citoyenne » la gestion de la Ville de Nice par Éric Ciotti, la gestion de la Ville de Cagnes-sur-Mer par Bryan Masson, leur gestion commune de la Métropole Nice Côte d’Azur ainsi que les agissement des groupuscules d’ultra droite : nous dénoncerons chaque atteinte aux droits des personnes, chaque entrave aux droits des associations et de l’ensemble des acteurs et actrices de la société civile, chaque entreprise de destruction du vivant et de la biodiversité, chaque agression raciste, atteinte à l’intégrité physique et morale des personnes.  

 

Nice, le 6 avril 2026

Le rassemblement citoyen Viva !



samedi 4 avril 2026

Protection fonctionnelle : Christian Estrosi débouté


Protection fonctionnelle : Christian Estrosi débouté


Lors des nombreuses procédures - baillons qu'il avait engagées contre des opposants politiques ou des journalistes, Christian Estrosi a bénéficié de la protection fonctionnelle et a donc fait payer ses frais de justices par les contribuables niçois. J'ai dénoncé ce mésusage de la protection fonctionnelle à de nombreuses reprises. Jean Christophe Picard, conseiller municipal écologiste, a saisi le préfet des Alpes-Maritimes et Philippe Vardon, conseiller municipal d'extrême droite, a saisi le tribunal administratif.

La cour administrative d'appel de Marseille a débouté la Ville de Nice le 3 février 2026 dans deux de ces affaires : celle engagée contre le journaliste d'investigation David Thomson et celle engagée à mon encontre à propos de la dénonciation du phénomène de corruption à Nice.

Pour mémoire, Christian Estrosi a engagé deux procédures à mon encontre pour me faire taire, procédures qu'il a toutes deux perdues.  

Cette décision est définitive car Eric Ciotti, nouveau maire de Nice, a fait savoir à la presse qu'il ne la contestera pas.

Cet arrêt d'appel amène plusieurs remarques :

1. Une victoire pour le bon usage de la protection fonctionnelle :

La protection fonctionnelle est une disposition légale utile et souvent indispensable qui sert à protéger les agents publics et les élus contre les attaques ou les mises en causes pénales dont ils peuvent être l'objet dans le cadre de l'exercice de leurs fonctions ou de leurs mandats. Cette protection ne doit pas être dévoyée et détournée de son objet. Or ici il ne s'agit pas d'un élu attaqué dans l’exercice de ses fonctions mais d'un élu qui engage lui-même des batailles judiciaires à des fins personnelles.

2. Une victoire pour le bon usage des fonds publics :

Ce n'est pas au contribuable de payer à la place de Christian Estrosi, qui va devoir payer lui-même ses frais de justice dans ces deux affaires, comme tout justiciable. Cette décision fera jurisprudence et pourra être utilisée pour contrer, à l'avenir, des tentatives abusives de détournement de la protection fonctionnelle. Elle contribue au bon usage des fonds publics.

3. Une victoire pour la liberté d'expression :

Les procédures baillons sont un danger pour la démocratie car elles servent à exercer des pressions contre les opposants politiques, la presse ou les lanceurs d'alerte. Le fait que les frais de justice de ces procédures baillons, lorsqu'elles sont lancées par des maires, ne soient pas systématiquement couverts par la protection fonctionnelle va freiner ces procédures.

4. Une décision incomplète :

Le bénéfice de la protection fonctionnelle par Christian Estrosi a été annulé dans l'affaire qu'il a engagée à mon encontre pour diffamation lorsque j'ai déclaré qu'il fallait en finir avec la corruption à Nice. Mais elle aurait également pu être annulée dans la seconde affaire qu'il a engagée à mon encontre, pour injure publique, lorsque j'ai déclaré que Nice avait un maire xénophobe. En effet, j'ai été relaxé de cette accusation en première instance et en appel et Christian Estrosi n'est pas allé au bout de sa procédure en cassation. Je précise que, contrairement à ce qui est relaté dans plusieurs articles, je n'ai pas déclaré que Christian Estrosi était un maire "raciste". J'ai uniquement utilisé le terme "xénophobe", qui désigne l'hostilité vis-à-vis des étrangers.

5. Une publication trop tardive :

On ne peut que regretter le choix de la cour d'appel de Marseille de ne rendre publique la décision rendue le 3 février que fin mars, une fois les élections municipales passées. Les électrices et les électeurs ont été privé, avant de voter, d'une information importante concernant le mauvais usage des fonds publics par Christian Estrosi. 



L'article de blog de Jean Christophe Picard : 

Christian Estrosi devra payer lui-même deux procédures-bâillons

lundi 30 mars 2026

Nice, la traque des pauvres reprend


 Communiqué de presse de l'association Tous citoyens

Nice, la traque des pauvres reprend 


Christian Estrosi avait organisé la traque des SDF à Nice : démantèlement de camps de migrants, arrêtés anti-mendicité, éloignement des maraudes alimentaires du centre ville, suppression de fontaines et de bancs publics, éloignement des centres de soins contre la toxicomanie, fermeture d'une rue pour chasser des personnes sous addiction, etc.

A peine élu maire de Nice, Eric Ciotti fait de même. Il publie fièrement sur ses réseaux sociaux une photo de lui entouré de policiers allant chasser une personne sans domicile qui essayait de survivre, sous une tente, en bordure de la voie rapide. 


Il écrit, pour justifier son action : "Tolérance zéro pour ceux qui occupent illégalement l'espace public"

Tolérance zéro contre les pauvres ou contre la pauvreté ?

Où est la démonstration de force lorsque l'on s'en prend aux plus vulnérables ? 

Quelle solution d'hébergement et quel accompagnement social ont été proposés à cette personne ?

Une personne sur cinq vit sous le seuil de pauvreté à Nice. De plus en plus de personnes survivent sans domicile stable. Ce dont nous avons besoin, c'est d'une véritable politique sociale.

Il faut aider les personnes à sortir de la misère, lutter contre la pauvreté et non traquer les personnes pauvres.


Nice, le 31 mars 2026

Association Tous citoyens !

"Comité d'accueil anti-Ciotti devant la mairie"

 Article Nice Matin du 28.03.2026




samedi 28 mars 2026

Projection - débat "Promis le ciel"

Bonjour,

Nous avons le plaisir de vous inviter à la projection - débat du film " Promis le Ciel », d'Erige SEHIRI, lundi 30 mars à 19 heures au Megarama avenue François Mitterrand à Nice (arrêt de tram L1 Vauban).

Cette fiction conte avec délicatesse les liens entre trois femmes exilées en Tunisie et une petite fille rescapée de la traversée de la Méditerranée. Elle  jette une lumière crue sur la politique de répression menée par le président tunisien Kaïs Saïed à l’égard des exilé·es subsaharien·nes et aborde tous les dangers de la migration : précarité des exilées, non- respect des droits humains, accords entre pays ne respectant pas les droits humains et l’UE …

​​

Une initiative de SOS Méditerranée, avec la participation d'Amnesty International, La Cimade et Tous citoyens.

Venez nombreuses et nombreux

L'équipe de Tous citoyens !


jeudi 26 mars 2026

Nouveaux drames à la frontière franco-italienne


Communiqués de presse de l’association Tous citoyens !

Nouveaux drames à la frontière franco-italienne


Un jeune exilé de 17 ans a été secouru, hier, après une chute de plusieurs mètres sur le sentier du « pas de la mort ». Il est hospitalisé, souffre d'hypothermie et d'une fracture du bassin.

Il y a une dizaine de jour, un Tunisien de 25 ans est décédé en longeant la voie ferrée reliant Vintimille à Menton, heurté par un train en pleine nuit.

La fermeture de la frontière et la traque organisée par les autorités italiennes et françaises poussent les exilé-es à se mettre en danger pour passer.

On dénombre une cinquantaine de décès à la frontière franco-italienne en 10 ans. Ces décès sont banalisés et la presse française s’en fait à peine écho.

Cette frontière est une frontière interne à l’Union Européenne et n’a pas vocation à rester fermée.

Il est urgent de créer des voies légales de migration !

 

Nice, le 26 mars 2026

Association Tous citoyens !



mercredi 25 mars 2026

Le « jour d’après » à Nice : agression néo fasciste

 

Communiqués de presse de l’association Tous citoyens !

Le « jour d’après » à Nice : agression néo fasciste


Lundi 23 mars 2026, au lendemain de l’élection d’Éric Ciotti à la mairie, la CGT spectacle organisait un rassemblement contre l’extrême droite, à 18h, place Saint François à Nice.

Notre association y a participé et pris la parole pour inciter les citoyens et citoyennes à s’engager et à se mobiliser, que ce soit politiquement, syndicalement ou associativement. La mobilisation citoyenne est déterminante pour lutter contre la montée de l’extrême droite, de la xénophobie et de la haine.

A la fin du rassemblement un groupe d’une vingtaine de jeunes hommes, habillés de noir, s’est posté à l’extrémité sud de la place. Après la dispersion des manifestants, des agressions violentes ont eu lieu par des hommes vêtus et cagoulés de noir. Des jeunes manifestants ont été victimes d’insultes, de coups de poing et de coups de pied. Certains se sont réfugiés dans un fast food bd Jean Jaurès où leurs agresseurs les ont poursuivis. La police est intervenue.

Depuis plusieurs mois des groupuscules néo fascistes se livrent à des démonstrations de force à Nice, devant le monument au mort ou place Garibaldi. Une agression raciste a eu lieu en décembre dernier dans le Vieux Nice. Ces groupuscules se sentent renforcés par l’élection d’Éric Ciotti et du Rassemblement National à la tête de la Ville de Nice et de la Métropole Nice Côte d’Azur.

Nous dénonçons ce déchainement de violence néo fasciste. Nice ne doit pas devenir un lieu de violences et de peurs où des agressions de ce type se banalisent, comme à Lyon et dans d’autres villes de France.

Nous demandons au Préfet des Alpes-Maritimes de prendre toutes les mesures nécessaires pour faire cesser ces agressions et empêcher ces groupuscules d’agir.

Restons toutes et tous mobilisés et unis face à l’extrême droite !


Nice, le 24 mars 2026

Association Tous citoyens !

mercredi 18 mars 2026

Nice : émotions de campagne et dilemme de second tour

 

Nice : émotions de campagne et dilemme de second tour

 

Emotions

Une campagne électorale est une aventure humaine très particulière, une implication très dense, de grandes émotions, des joies intenses, de la tristesse aussi, lorsque l'issue n'est pas favorable. 

Membre de la liste Nice Front Populaire, je remercie sincèrement les 10 767 électrices et électeurs qui nous ont apporté leur confiance et leurs voix (8,95% des votes exprimés)

Je tiens également à remercier très chaleureusement les militantes et militants qui se sont dévoués corps et âme durant cette campagne. S'engager jusqu'à l'épuisement dans une action collective n'est pas anodin. Cela vous marque. Cela renforce en vous cette certitude que c'est par l'action collective que l'on s'émancipe pleinement. J'ai découvert de très belles personnes. J'ai renforcé des liens précieux. J'ai pris un plaisir intense à participer à l'élaboration et à la rédaction de notre programme. Être là lors de moments de cristallisation d'une intelligence collective est un privilège rare. 

Je remercie aussi toutes les personnes croisées lors de cette campagne, avec qui nous avons échangé sur le palier de leur porte, dans la rue, lors de nos événements publics : de fermes désaccords, des lignes qui bougent grâce aux discussions, des indignations communes, des échanges qui ne s'arrêtent plus, des témoignages touchants, des sourires, des complicités fugaces, des encouragements et même des accolades.

Je remercie enfin les professionnels de l'information que sont les journalistes, les photographes, les techniciens de plateaux et les membres de rédactions. On critique beaucoup les médias mais, hormis lors des deux débats télévisés où les temps de parole n'ont pas été respectés, notre liste a été globalement bien traitée durant cette campagne et nos arguments bien relayés. On est toujours un peu stressé lors d'interviews ou de débats et j'ai toujours eu affaire à des personnes compétentes et compréhensives.

Je repense pêle-mêle à tous ces visages, à tous ces moments, à l'instant précis qui précède ma prise de parole lors de notre meeting de campagne, à tous ces encouragements et ce si bel espoir partagé qui ne se concrétisera finalement pas.

Malheureusement nous n'avons pas su convaincre suffisamment et nous n'avons pas su faire venir aux urnes les 106361 inscrits mais abstentionnistes lors de ce 1er tour. La liste "Unis pour Nice", regroupant le PS, le PC et les Écologistes, aurait pu accepter une fusion avec notre liste puisque nous avons dépassé les 5%, unissant ainsi réellement la gauche et l'écologie à Nice. Elle l'a refusé lors d'une mise en scène peu glorieuse, nous empêchant à nouveau de faire front commun face à la droite extrême de Christian Estrosi et à l'extrême droite d’Éric Ciotti.

Dilemme 

Beaucoup me demandent avec insistance : que faire ?

Donner des consignes de votes, ce serait nier la liberté fondamentale de chacune et de chacun dans l'exercice de sa citoyenneté.

Pour beaucoup d'électrices et d'électeurs il n'y a plus, désormais, de bonne solution. 

Je comprends et je respecte celles et ceux qui n'iront pas voter et s'abstiendront, car ils estiment ne pas être représentés. 

Je comprends et je respecte celles et ceux qui voteront blanc, pour signifier qu'ils participent au scrutin mais qu'aucune option ne leur convient. 

Je comprends et je respecte celles et ceux qui voteront Christian Estrosi pour barrer la route à Éric Ciotti, pour éviter le pire. 

Je comprends et je respecte celles et ceux qui voteront Juliette Chesnel-Le Roux, qui porte malgré tout une liste de gauche.

Que dire de plus ?

Il y a, entre Christian Estrosi et Éric Ciotti, une différence de degrés et non une différence de nature. Les deux frères-ennemis sont toujours des frères, dans leur idéologie commune faite de xénophobie, de tout sécuritaire et d'ultra libéralisme.

Éric Ciotti, Jean Pierre Rivère ou Pierre Ippolito sont l'aboutissement du long processus de banalisation de l'extrême droite. Éric Ciotti, est un idéologue, qui, dans un livre très maurrassien, glorifiait l'ordre, l'autorité et l'uniforme. Soutien inconditionnel de Donald Trump, il site ce dernier comme modèle. Il a véhiculé dans sa carrière politique tous les totems de l'extrême droite : invasion et grand remplacement, préférence nationale, opposition au mariage homosexuel, assimilation systématique de l'insécurité à l'immigration, remise en question du droit d'asile, de la protection de l'enfance, de l'Aide Médicale d'Etat, etc. Au Département, il a alimenté la suspicion de fraude pesant sur les bénéficiaires du RSA, et organisé le non-accueil des Mineurs Non Accompagnés. Sa bascule "officielle" à l'extrême droite et son alliance avec le RN ouvrent la porte à de nombreuses bascules similaires en France. Sa mainmise sur Nice libérerait la parole raciste et les actes violents de groupuscules d'ultra droite.

Christian Estrosi est l'homme des inégalités sociales à Nice, de la misère derrière la carte postale. Il est l'homme du greenwashing, de la bétonisation de la plaine du Var et de l'extension de l'aéroport. Il a organisé les évacuations de camps de migrants, traqué les SDF, tenu des propos ouvertement xénophobes et islamophobes, sacrifié les conditions de logements des habitant-es au profit du surtourisme, etc. Soutien inconditionnel de Benyamin Netanyahu, il a posé et maintenu des drapeaux israéliens au fronton de la mairie de Nice pendant deux ans. Je porte en moi deux procès : les deux procédures baillons que Christian Estrosi a engagées à mon encontre pour me faire taire lorsque j'ai déclaré qu'il "fallait en finir avec la corruption à Nice" et que Nice avait "un maire xénophobe". Il aura fallu deux années de procédures, le maire de Nice allant jusqu'en cassation, pour qu'au final je gagne ces deux procès.

A titre personnel je voterai pour Juliette Chesnel-Le Roux, même si elle et ses colistiers se sont conduits de façon irresponsable vis-à-vis de notre liste et vis-à-vis des Niçoises et des Niçois. Le Parti Socialiste, le Parti Communiste et les Écologistes, même s'ils sont mal représentés ici, demeurent des partis de gauche. Et mieux vaut une opposition fade et timorée que pas d'opposition du tout.

Il revient désormais à chacune et chacun d'agir en conscience au second tour de ces élections municipales.

Il nous revient surtout de ne pas baisser les bras et de repartir au combat, ensemble, face à l'extrême droite comme face à la droite extrême, pour faire enfin de Nice une ville apaisée et respirable, une ville accueillante, juste et solidaire.


Nice, le 18 mars 2026
David Nakache

vendredi 13 mars 2026

Nice : écrivons notre avenir !

L'avenir de Nice, notre avenir commun, va se jouer en partie dimanche 15 mars. 

Allons-nous laisser Christian Estrosi conserver le pouvoir, après 18 ans de mandat, pour enfoncer encore davantage notre ville, et nos vies quotidiennes, dans la pollution, la bétonisation et la crise sociale ? Allons-nous laisser notre ville s'abîmer dans le surtourisme et l'affairisme ? Le rejet de l'autre et la xénophobie ?

Allons-nous laisser Eric Ciotti, trumpiste convaincu, faire basculer notre ville, et nos vies quotidiennes, sous l'emprise de l'extrême droite pendant six ans ? Le culte de l'ordre et de l'uniforme, le culte du chef et de l'autorité ? La haine de l'autre ? Est-ce vraiment cela que nous voulons pour nous, pour nos proches, pour notre ville ?



En démocratie, rien n'est joué d'avance. 

En démocratie, il n'y a pas de fatalité. 

Dimanche 15 mars, c'est à nous d'écrire notre histoire commune, pour une ville respirable et apaisée, juste et solidaire.

Dimanche 15 mars, votons Nice Front Populaire.

Voter, c'est résister 

Solidairement 
David Nakache 

Le programme de Nice Front Populaire :  https://nicefrontpopulaire.fr/programme/mesures/

lundi 2 mars 2026

"La police de proximité au cœur du projet de la gauche"

 Article Nice Matin du 3 mars 2026 : 




« Fou qui songe à ses querelles, au cœur du présent combat »

 


Communiqué de presse Nice Front Populaire :

« Fou qui songe à ses querelles, au cœur du présent combat »

Face aux enjeux sociaux, écologiques et démocratiques majeurs au cœur des élections municipales 2026 pour la Ville de Nice et la Métropole Nice Côte d’Azur, notre liste « Nice Front Populaire » a œuvré sans relâche, pour le rassemblement large et ouvert de toutes les forces de la gauche et de l’écologie.

La liste « Unis pour Nice » (PS – PCF – Ecologistes) a décidé de fermer la porte, de nouveau, à toute possibilité d’union au deuxième tour. En effet, Juliette Chesnel-Le Roux a déclaré à BFM Nice Côte d’Azur, le 27 février, qu’elle refusait tout rassemblement avec notre liste en prenant prétexte d’arguments fallacieux. Elle a réitéré sa position de fermeture, confirmée par Julien Picot et Patrick Allemand dans leurs déclarations relayées par Nice Matin le 2 mars.

Nous prenons acte, à regret, de cette décision. L’abandon d’une démarche unitaire de toute la gauche met en péril l’espoir de barrer la route à la droite-extrême de Christian Estrosi et à l’extrême droite d’Éric Ciotti. Cette stratégie est irresponsable.

Nous appelons les 71 membres de la liste « Unis pour Nice » ainsi que les adhérent-es niçois-es des Ecologistes, du Parti Socialiste et du Parti Communiste, à revenir à la raison et à inverser le cours des choses. Ils et elles porteront la responsabilité de cette désunion et de ses possibles conséquences.

A l’inverse, nous rappelons notre double engagement, ferme et constant :

1. Nous tendons la main à l’ensemble des forces de gauche et de l’écologie pour un rassemblement large et ouvert pour ces élections municipales

2.  Nous ne nous désisterons pas et nous maintiendrons notre liste pour offrir aux citoyennes et aux citoyens la possibilité de voter pour une gauche de rupture, solidaire et écologiste, fidèle aux valeurs et au programme du Nouveau Front Populaire.

Nous appelons l’ensemble des Niçoises et des Niçois à nous rejoindre pour barrer la route à Christian Estrosi et à Éric Ciotti, à leur politique antisociale et écocide, au surtourisme, au mal logement, et à la xénophobie.

« Quand les blés sont sous la grêle

Fou qui fait le délicat

Fou qui songe à ses querelles

Au cœur du commun combat »


Louis Aragon

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Nice, le 2 mars 2026

Nice Front Populaire